Dogmatisme écologique et bulle médiatique
J’ai personnellement un problème avec le soi-disant consensus scientifique sur les causes antropiques anthropogéniques (c-à-d: causées par l’activité humaine) du réchauffement climatique. En commençant par le fait qu’un consensus n’est pas quelque chose qui est supposer exister en science. Les consensus en science sont, au contraire, faits pour être brisés. Mettons les choses au clair: oui il y a eu un réchauffement global depuis environ l’année 1860, qui marque la fin de ce qu’on a appelé la petite ère glaciaire. Est-ce un phénomène naturel ou est-ce causé par la pollution causé par l’activité humaine? La réalité est que ni moi, ni la science ne sauraient vous le dire. Nous ne le savons tout simplement pas. Beaucoup essayeront de vous convaincre du contraire et vous donneront toute sorte de scénarios catastrophistes pour vous convaincre du besoin d’agir maintenant. Ces mêmes personnes essaient aussi d’étouffer à tout prix toute opinion scientifique contraire comme étant financée par les grandes pétrolières, donc sujette à un agenda, tout en taisant le fait que les opinions pour les causes antropiques sont tout aussi sujettes à l’agenda des grands lobbies écologiques. Soyons conséquents, tout argument de ce genre de part et d’autre est un sophisme ad hominem. Pour voir le fond des choses, il faut chercher plus loin et s’attaquer aux arguments plutôt qu’aux messagers.
Alors donc, mon premier problème est avec le graphique ci-haut. Il représente les températures moyennes globales (courbe rouge et bâtonnets pour la marge d’erreur) de 1860 à 2000 auquel nous avons ajouté la courbe des émissions humaines de CO2 (courbe noire) pour la même période. Ce mème graphique apparait dans la plupart des papiers de part et d’autre du débat et est basé sur des données du Goddard Institute de la NASA. Cherchez l’erreur… Avez-vous trouvé? Les deux courbes montrent effectivement une augmentation marquée, cependant il y a une anomalie: entre 1940 et 1976 nous avons eu une période de refroidissement, mais les émissions de CO2, quant à elles, continuaient d’augmenter. Cette anomalie jette un sérieux doute sur la corrélation entre les hausses de température et les émissions de CO2 non? Si ces émissions sont la cause du réchauffement, pourquoi y a-t-il eu ce refroidissement d’une trentaine d’années? Pourtant la courbe des émissions de CO2 devenait de plus en plus prononcée pendant ce temps. Est-ce possible que d’autres facteurs soient en jeu? La vérité qui dérange est ce que quelqu’un m’a déjà fait remarquer ici même: le climat est un système très complexe. Il n’est pas facile de prouver en toute certitude ce qui cause le réchauffement que nous constatons. S’il est difficile de prouver à quel point l’activité humaine influence le climat, il est encore plus ardu, voire impossible, de savoir si nous pouvons, en fait, le stabiliser.
Ce qui est intéressant, c’est que depuis des années, la couverture médiatique fait grand cas du réchauffement climatique et des scénarios catastrophiques des alarmistes, mais nous voyons très peu de couverture sur les sceptiques. Ainsi, dans les journaux nous y trouvons titre après titre faisant état d’une catastrophe imminente due au réchauffement climatique. Pourtant, des avocats des ces catastrophes admettent librement qu’ils exagèrent:
In the United States of America, unfortunately we still live in a bubble of unreality. And the Category 5 denial is an enormous obstacle to any discussion of solutions. Nobody is interested in solutions if they don’t think there’s a problem. Given that starting point, I believe it is appropriate to have an over-representation of factual presentations on how dangerous it is, as a predicate for opening up the audience to listen to what the solutions are, and how hopeful it is that we are going to solve this crisis.
- Al Gore dans cette entrevue avec David Roberts du magazine Grist
Personnellement, je désapprouve beaucoup de cette approche grossièrement manipulative. La ligne est plutôt fine entre l’exposition de faits sur le réchauffement climatique et la démagogie pure et simple. Et pour cette « sur-représentation » des faits, on lui a donné un Oscar et un prix Nobel!!! Le plus ironique, c’est qu’en utilisant ces tactiques de terreur, le mouvement environnementaliste s’est tiré dans le pied. Certains pays sont en train de sacrifier leurs forêts pour produire du bio-carburant, et ce faisant, détruisent la capacité de la planète de recyler les excès de CO2. C’est le genre de chose qui arrive quand on prend des décisions dans la terreur, sans comprendre la véritable portée du problème. C’est aussi pourquoi l’emphase que nous mettons sur le protocole de Kyoto est peut-être hors de proportion avec les autre problèmes de cette planète.
C’est pourquoi j’apprécie plus l’approche de Bjorn Lomborg, auteur des livres « The Skeptical Environmentalist » et « Cool it ». Lomborg ne nie pas que le réchauffement climatique est un problème que nous devons résoudre. Mais il souligne qu’il y a d’autres problèmes tout aussi importants, et dans le meilleur des mondes, nous pourrions tous les résoudre en même temps, mais puisque nous ne vivons pas dans un monde utopique, nous devons nous donner des priorités. Selon lui, la réduction des gaz à effet de serre à la Kyoto devrait être au bas de notre liste de priorités. Pourquoi? Tout simplement parce que nos technologies actuelles rendent ces réductions trop coûteuses pour les bénéfices que nous en retireront, lesquels sont déjà plutôt douteux. Nous sommes loins d’avoir la certitude que de réduire les émissions de GES va effectivement freiner le réchauffement. Il est donc probablement plus important que nous investissions dans la recherche et le développement de technologies plus vertes d’un côté et que nous attaquions d’autres problèmes plus pressants comme la faim, la maladie et la sanitation de l’autre. En utilisant cette approche, nous pourrions éventuellement réduire nos émissions polluantes et également améliorer notre capacité à nous adapter à l’évolution du climat. Il faut cesser de faire de l’éco-terreur et commencer à porter des gestes réfléchis. Malheureusement, cette philisophie ne donne pas beaucoup de titres excitants pour les médias…










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