Pourquoi je suis un «minarchiste».

Samuel Konkin fût le premier à utiliser le terme «minarchisme»

Samuel Konkin fût le premier à utiliser le terme «minarchisme»

C’est quelque chose que je n’avais toujours pas pris la d’expliquer et je crois que le temps est venu de faire un exposé sur les raisons pour lesquelles je souscris à ce courant particulier du libertarianisme.

Mentionnons tout d’abord que tous les courants du libertarianisme et du libertarisme sont d’accord pour dénoncer les méfaits de l’état et la dépendance grandissante que nous avons envers lui. Là où il y a une divergence d’opinion est si nous devons abolir l’état complètement. Les anarchistes croient que oui, les minarchistes croient que non. Les minarchistes considèrent une forme d’état limité est un mal nécessaire pour protéger ses citoyens d’invasions extérieures, de divers crimes et fraudes et pour arbitrer des litiges. Les anarchistes soutiennent que ces fonctions peuvent être accomplies par des agences indépendantes. Je suis certain que c’est possible, mais je dirais que là n’est pas la véritable question.

Si une question doit véritablement trancher entre minarchie et anarchie c’est comment on compte aboutir à l’un où l’autre. Considérant que le québécois typique a de la difficulté à mettre un pied devant l’autre sans aide de l’état, la tâche de convaincre les québécois d’adopter un modèle de société minarchiste serait plutôt ardue, quelles sont les chances de les convaincre d’éliminer le gouvernement complètement? Alors, à moins d’une guerre civile ou un cataclysme, il est raisonnable de dire que les chances d’établir une société anarchiste ici, de façon pacifique, sont pratiquement nulles. Par contre, il semblerait plus facile par comparaison de convaincre les gens du bien-fondé de réduire la taille du gouvernement.

Certains anarchistes vous diront que le minarchisme est une contradiction. Comment peut-on être à la fois pour et contre l’état? Ils n’ont pas tort. Mais si ton but est vraiment d’accroitre les libertés individuelles et de diminuer le rôle de l’état dans nos vies, chaque pas pris dans cette direction nous rapproche de ce but. Ce n’est pas pour dire qu’une minarchie est le summum d’une société libre. J’admettrai volontiers que c’est un modèle imparfait. Mais ce serait une nette amélioration sur l’étatisme rampant qui prévaut dans le monde depuis le début du XXe siècle. Dans tous les cas, de grands penseurs comme Milton Friedman, Ayn Rand et F.A. Hayek étaient également des minarchistes, je peux donc me considérer en bonne compagnie.

3 Réponses à “Pourquoi je suis un «minarchiste».”

  1. Le plus troublant est effectivement que le Québécois moyen n'a aucune conception de ce qu'est la liberté. Il a remplacé l'Église par l'État. La différence est que le paiement de la dîme était volontaire… Le Québécois renonce graduellement à tous les droits qu'il aurait pu avoir en échange d'une illusion de sécurité. Il ne se formalise pas que le gouvernement lui pique 50% de ses avoirs à condition qu'un jour il puisse avoir la chance de mourir sur une liste d'attente gouvernementale ou qu'on lui dise que la police sera là pour le défendre en cas de besoin. Tant qu'on lui assure que tout va bien, il est heureux, et il fait tout pour ne pas briser ses illusions en évitant soigneusement de les confronter à toute forme de réalité. Si jamais il est victime de qqch, il blâme tout le monde et le gouvernement. Le seul qu'il ne blâmera jamais est lui-même, alors pourtant qu'il est le premier à avoir provoqué son sort en l'acceptant.

  2. Ce débat classique redevient d'actualité dans le Québec contemporain où enfin des positions politiques diverses commencent à se faire visibles. __La différences la plus importantes entre l'anarchisme et le minarchisme est que le premier exige une liberté radicale non-soumise au marché économique (et sans pouvoir centralisé étatique). Comment pourrait-on croire (comme le prétendent Hayek ou Mises) que le petit travailleur-consommateur est réellement libre lorsqu'il se trouve en position de négocier un contrat de travail devant un employeur ? Devant les inégalités économiques, nul n'est libre que s'il est "suffisamment " riche. _Et l'handicapé, la veuve et l'orphelin qui ne peuvent contribuer à la productivité, ni se payer des aidants, et n'ont pas de familles pour les assister, qui les aidera ??!?? C'est cela le problème, un point de vu anarcho-capitaliste et minarchiste les réduiraient à l'anéantissement. Si vous me dites que ce sera les philanthropes. Parfait, mais leur bon vouloir ne les oblige à rien

  3. (ok je vois que les messages sont tronqués: je continue avec ma conclusion )

    Parfait, mais leur bon vouloir ne les oblige à rien; aucun contrat ne les lie. Donc la liberté (qui est intrinsèquement la liberté de négocier un contrat d'égal à égal) de ces individus démunis n'existe pas.

    Une solution pourrait être le mutualisme Proudhonien: la liberté de marché est maintenue et l'État aboli. Et chacun s'allie avec les associations, les coopératives de producteurs et de consommateurs qu'il souhaite. La santé, l'éducation, la police etc seraient donc privés, mais collectives parmi ceux qui auront choisis d'y adhérés.
    Je crois que ce système pourrait faire un véritable pont entre la gauche et la droite. Une réflexion commune est souhaitable !