Le consentement des gouvernés

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Qu’est-ce qui donne le droit à certains de gouverner les autres? C’est la question que pose Robert Higgs. La réponse, depuis l’époque de John Locke, est le consentement des gouvernés. Ainsi, lorsque les américains ont déclaré leur indépendance, ils ont écrit entre autre que « les gouvernements ont été institués entre les hommes, dérivant leur pouvoir du consentement des gouvernés ».  Comme le souligne Higgs, tout ça semble bien en théorie, mais c’est quand on s’arrête à y penser que les choses se compliquent.

Nombre de questions viennent à l’esprit. Par exemple, est-ce que toutes les personnes doivent consentir et si non, combien? Et quelles options ont ceux qui n’y consentent pas? Le consentement devrait-il être verbal ou écrit? Devrait-il être implicite ou explicite? Si c’est implicite, comment c’est tabulé? Est-ce qu’il est permanent, ou est-ce que je peux le retirer si je n’y trouve pas mon compte? L’entente devrait-elle être renouvelée? À quelle fréquence? Ces question démontrent que la question de la légitimité du gouvernement en prend pour son rhume quand nous passons de l’abstraction à la pratique et si on considère les faibles taux de participation aux élections de la plupart des démocraties occidentales, ce n’est pas juste une question en l’air.

Ceux qui sont amoureux de l’état nous font souvent mention de l’existence d’un « contrat social ».  Où est ce contrat? Peut-on le lire? Quand l’avons nous signé? Pour qu’un contrat soit légitime, il doit être accepté librement en pleine connaissance de cause. Or personne n’est jamais venu me montrer ce contrat social qui est supposé exister entre le gouvernement et nous tous. L’avez-vous déjà lu vous? Eh bien, selon Robert Higgs, si on se fie aux agissements typiques des gouvernements de ce monde, un tel contrat ressemblerait à ceci (que j’ai traduit librement):

 Je, le contractant de la première partie («le souverain»), promets:

(1) De préciser combien de votre argent vous me remettrez, ainsi que comment, quand, et où le transfert ne sera effectué. Vous n’aurez effectivement aucune voix au chapitre,  hormis de plaider pour ma miséricorde, et si vous refusez, mes agents vous châtieront par les amendes, l’emprisonnement, et (dans le cas d’un refus persistent)  la mort.

(2) De faire des milliers et des milliers de règles que vous devrez obéir sans poser de questions, encore une fois sous peine de punition par mes agents. Vous n’aurez aucune voix dans la détermination du contenu de ces règles, qui seront si nombreuses, complexes, et dans de nombreux cas au-delà de la compréhension que nul être humain pourrait éventuellement connaître plus d’une poignée d’entre elles, et encore moins leur caractère spécifique, et pourtant si vous ne respectez pas l’une d’elles, je me sentirai libre de vous punir dans la pleine mesure des lois faites par moi et mes complices.

(3) De fournir pour votre utilisation, à des conditions fixées par moi et mes agents,  des soit-disant biens et services publics. Bien que vous puissiez accorder une véritable valeur à un petit nombre de ces biens et services, la plupart auront peu ou aucune valeur pour vous, et certains vous trouverez tout à fait détestable, et en aucun cas aurez-vous en tant qu’individu,  quoique ce soit à dire sur les marchandises et de services que je propose, malgré les histoires sans queue ni tête  de la part d’économistes  voulant que vous  « demandiez » tous ces trucs et que vous accordiez une valeur équivalente à n’importe quel montant d’argent que je choisis de dépenser pour sa prestation.

(4) En cas de différend entre nous, des juges qui me sont redevable pour leur nomination et leur rémunération décideront comment régler le différend. Vous pouvez vous attendre à perdre dans ces règlements, si votre cause est entendue en premier lieu.

En échange des « bénéfices » gouvernementaux ci-haut, vous, le contractant de la deuxième partie («le sujet»), promettez:

(5) De vous taire, de ne pas faire de vagues,  de respecter toutes les ordonnances émises par le souverain et ses agents,  de courber l’échine devant eux comme s’ils étaient importants et honorables, et quand ils vous disent «sautez», de demander seulement «à quelle hauteur? »

Wow! Qui ne sauterait pas sur la chance de signer un contrat comme ça? Faudrait être un peu dingue, non? Pourtant, c’est bel et bien la façon que nous sommes traités. Je n’irai pas, comme Higgs, enjoindre les menteurs, voleurs et meurtriers qui composent nos gouvernements de tous niveaux de faire l’honorable geste de tomber sur une épée, mais je rêve de voir un jour un contrat social qui se fera entre individus, plutôt qu’entre les gens et leur gouvernement. Un contrat par lequel nous nous promettrons de  respecter mutuellement nos vies et notre propriété et que le seul rôle du gouvernement serait de faire respecter un tel contrat.

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

Une réponse à “Le consentement des gouvernés”

  1. Vivement un mouvement comme le FLQ pour libérer le peuple Québecois. A non, c'est vrai, j'oubliais, c'était des marxistes, ils voulaient le plein pouvoir sur la plèbe pour imposer leur vision par la violence et la mort.

    Enfin, j'ironise sur le fait que les mouvement de "libération" sont quasiment toujours des mouvement d'oppression. Quand on parle de "libérer" de la tyrannie c'est bizarre je vois jamais aucun d'entre eux réclamer le capitalisme, la liberté, la propriété privé, le droit à un procès et tout le tralala, c'est complètement absent.

    C'est toujours au nom du bien commun qu'on vole, tue, viole une minorité, comme c'est commode.

    Tant que personne ne comprendra que la liberté est la seule voie de sortie devant cette puérilité sa ne changera pas. Mais d'un autre côté le dernier siècle a permis plus de progrès que probablement dans les 40 000 ans avant alors la liberté ne peut pas être complètement morte.