Gare aux politiciens qui ne savent pas compter…

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Source: Cyberpresse

Dans sa plateforme électorale, Michael Ignatieff propose un nombre de promesses bonbon, disant qu’il les financeraient en annulant les baisses d’impôts aux entreprises, ce qui donnerait des revenus additionnels de 5,4 milliards selon lui.

Dans cette lettre d’opinion,  Martin Coiteux explique pourquoi les chiffres de M. Ignatieff ne tiennent pas la route:

Michael Ignatieff escompte plus de 5 milliards de dollars de revenus récurrents de l’annulation de la baisse du taux d’imposition des sociétés. D’où vient ce chiffre? Selon les données les plus récentes, les entreprises déclarent un revenu annuel imposable combiné d’environ 180 milliards de dollars. Le plan en cours aura réduit leur taux d’imposition de 3 points de pourcentage d’ici la fin de l’année prochaine. Ces 3 points multipliés par 180 milliards de revenu imposable donnent 5,4 milliards de dollars, soit à peu près le coût de la plateforme libérale. Il y a pourtant un sérieux problème avec cette manière de calculer.

D’abord, une entreprise n’a pas pour habitude de rester assise sur ses liquidités. Les économies d’impôt permises par la baisse de leur taux d’imposition se traduisent immanquablement par de nouveaux investissements, de l’embauche et le paiement de salaires plus élevés. La taille de l’économie augmente et cela génère de nouveaux bénéfices imposables. Cette augmentation des bénéfices compense en partie la réduction du taux d’imposition, de sorte que le gouvernement récupère une part importante de son investissement initial.

L’exemple suivant est éclatant. De 2000 à 2004, le gouvernement libéral a réduit le taux d’imposition des sociétés de 28 à 21% sans que la contribution de cet impôt, mesurée en pourcentage du PIB, ne bouge d’un cran. En d’autres termes, la dernière grande réduction du taux d’imposition des sociétés, oeuvre d’un gouvernement libéral et non conservateur, n’a absolument rien coûté au Trésor public. Si l’on incorpore la plus récente baisse mise en place par les conservateurs (de 21 à 18%), l’apport de l’impôt des sociétés n’aura finalement fléchi que de 0,3% du PIB entre 2000 et aujourd’hui. Une goutte d’eau dans l’océan.

Donc, Michael Ignatieff surestime grossièrement les économies qu’il fera en annulant les baisses d’impôt, mais pire encore, il néglige ce que Bastiat appelait « ce qu’on ne voit pas », c’est à dire les investissements et la création d’emploi stimulés par les baisses d’impôts qui viendront gonfler le trésor public. Une fois de plus, nous avons un apprenti-sorcier qui essaie d’acheter les électeurs avec leur propre argent, et qui de surcroit, fait des promesses qui empiètent sur les champs de compétence provinciales. Décidément, Gilles Duceppe a une fichu de bonne idée pour défendre les intérêts du Québec d’appuyer un coalition avec les libéraux et le NPD…

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

5 Réponses à “Gare aux politiciens qui ne savent pas compter…”

  1. Je crois que c’est une analyse assez simpliste. Si on suit votre logique on devrait totalement abolir l’impôt aux entreprises! Vous écrivez « Les économies d’impôt permises par la baisse de leur taux d’imposition se traduisent immanquablement par de nouveaux investissements, de l’embauche et le paiement de salaires plus élevés. » ; ça aussi c’est assez simpliste.

    Les salaires des dirigeants augmentent mais pas celui des employés, la priorité des dirigeants c’est le rendements pour les actionnaires et RIEN d’autres. Qu’arrive-t-il lorsqu’il y a une baisse d’impôt pour les contribuable ? Logiquement les gens consomment plus, dépenses plus paient plus de taxes. Je suis pas mal certains que le résultat est pas mal similaire aux baisses d’impôts aux entreprises.

    La grande différence c’est que lorsque les impôts aux entreprises diminuent ça profite seulement à une faible quantité de haut dirigeants et actionnaires. Alors qu’une baisse d’impôts des contribuables profite à tous. C’est ça que les entreprises n’aiment pas.

    Sylvain Plourde

    1. M. Plourde,

      C\’est vous qui êtes plutôt naïf si vous croyez que dans la réalité, les entreprises paient de l\’impôt. Une entreprise n\’est rien d\’autre qu\’un groupe d\’individus. Ce sont les individus qui paient l\’impôt, pas les entreprises. Lorsqu\’on impose un entreprise, elle transmettra ces coûts additionnels, soit aux consommateurs, soit aux employés, soit aux actionnaires, ou probablement au trois. Les impôts aux entreprises sont payés par nous tous sous forme de prix plus élevés, de salaires et avantages moindres, ou d\’un rendement moins élevé (car, voyez-vous, si vous avez un REER, vous êtes probablement un actionnaire dans plusieurs entreprises) dans nos fonds de retraite et nos REER.

      Il est donc faux de croire que les diminutions d\’impôt aux entreprises ne font que bénéficier à une petite minorité.

  2. Idéalement le taux des entreprises seraient de 0, une entreprise n'est rien d'autre qu'un array de contrat et propriété. L'impôt aux entreprises est une fraude intellectuelle rien de plus, faire croire que si on taxe la production et punit le capital il n'y aura aucune conséquence sur les employées et individus c'est prendre les gens pour des cons.

    Les actionnaires se sont les fond de pension, donc c'est monsieur tout le monde. L'argent est devenu si abstrait de nos jours que plus personnes ne semble comprendre sa valeur réelle.

    Les enterprises également son soumises aux taxes en tous genre, comme les citoyens. L'investissement et l'amélioration de la productivité crée la richesse, les dépenses gouvernementale la détruise. (Je vous conseil de lire le sophisme de la vitre cassé).

    Si je t'envoie sur une île déserte avec sois le plus gros diamant du monde, soit une réserve de nourriture pour tenir une vie entière je crois que logiquement la réponse serait "Fou toi le dans le cul ton diamant". Les valeurs ne sont pas fixe, c'est lorsque l'amélioration de la productivité permet de faire plus avec moins que tout le monde est plus riche, c'est pas une simple question de "si je met le salaire minimum a 5800$/h tout le monde sera riche".

  3. Évidemment pas que les fonds de pension, mais c'est un exemple.

  4. Je ne crois pas que l'impôt diminue l'emploi à proprement parler. Il dirige les ressources du privé vers le public. Mais le public est moins productif. Là est le problème. La cause du chômage, c'est le salaire minimum, les syndicats, puis éventuellement l'assurance chômage et indemnités de licenciements.

    Ensuite, l'impôt est reporté sur ceux qui ne peuvent pas la reporter sur d'autres. Ainsi, paiera la taxe qui ne pourra pas la reporter. Tout en bas de l'échelle, il s'agit certainement des salariés. Mais peut-être pas n'importe lesquels. Une main d’œuvre rare (et qualifiée je suppose) n'a peut-être pas ce problème, puisque les entreprises sont à la lutte pour attirer la main d’œuvre en proposant des salaires bien supérieurs.

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