L’irresponsabilité.

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« Une démocratie ne peut exister comme forme permanente de gouvernement. Elle ne peut exister que jusqu’à ce que les électeurs découvrent qu’ils peuvent se voter l’argent du trésor public. À partir de ce moment la majorité vote toujours pour les candidats leur promettant le plus d’argent du trésor public, avec le résultat que la démocratie s’effondre toujours sur une politique fiscale laxiste, suivie d’une dictature. » – Alexander Tyler

Cette citation est lourde de vérité quand on considère ce qui se passe dans la plupart des démocraties occidentales. Il y a cent ans, ces démocraties avaient un endettement négligeable. Leur empreinte sur leur économie était de moins de 10% du PIB. Aujourd’hui elles croulent sous les dettes et leurs dépenses annuelles peuvent atteindre au-delà de 50% de leur PIB dans certains cas. Cette croissance fulgurante des états n’est pas sans conséquences. Ces gouvernements doivent débourser des milliards en intérêts sur leur dette astronomique. Il est presque certain que le capital de cette dette ne sera jamais remboursé, mais il pourrait maintenir les générations futures dans l’esclavage pour encore bien des années.

Le niveau de leur dépenses étouffe l’investissement privé et par le fait même, limite leur croissance économique. Leur poids est de plus en plus lourd à porter pour les contribuables. On pourrait effectivement se demander comment les choses ont-elles pu dégénérer à ce point. La réponse est effectivement dans la citation ci-haut. Les électeurs se sont rendu compte qu’ils pouvaient se voter l’argent du trésor public, et les politiciens, soucieux de gagner leur votes, ne sont que trop heureux de leur promettre la lune pour se faire élire.

De simple protecteur à l’origine, l’état s’est attribué de plus en plus de missions, et de plus en plus de pouvoirs. Il s’aventure dans des guerres inutiles. Guerre aux drogues, guerre à la pauvreté, guerre au terrorisme; toutes les excuses sont bonnes. Il s’est donné pour mission de nous éduquer et de nous soigner, mais a failli misérablement dans les deux cas. Les politiciens dépensent sans compter comme des matelots en permission dans un bordel. Il n’y a aucune limite à leur perversion.

Même si on admet que l’état a un rôle à jouer dans l’établissement d’un filet social, ce qui est discutable, pourquoi les programmes sociaux ne ciblent-ils pas que les pauvres? N’est-ce pas eux qu’on devrait aider? À quoi bon que le gouvernement subventionne les plus riches avec des garderies subventionnées, des soins de santé gratuits, des frais de scolarité et des tarifs d’électricité trop bas. Ne pourrions-nous pas vraiment aider ceux qui en ont le plus besoin et laisser faire ceux qui en ont les moyens? Trop logique peut-être?

Mais voilà, côté électoral, ça ne serait pas payant parce qu’il n’y en aurait qu’une très petite minorité qui en bénéficierait. C’est bien plus payant pour nos politiciens de fournir des services mur à mur. Le mieux pour nous acheter avec notre propre argent. La plupart des électeurs n’y voient que du feu. Le problème, c’est qu’à long terme, c’est insoutenable.

On peut bien mettre les affaires sur la carte de crédit, mais quand on est rendu à rembourser notre hypothèque en se faisant des avances d’une de nos cartes de crédit et qu’ensuite on rembourse la carte avec l’aide d’une autre carte; la réalité finira un jour par nous rattraper et nous commençons à le voir maintenant. Plusieurs états américains sont sur le bord de la faillite et doivent couper leurs budgets de façon draconienne. Plusieurs pays d’Europe sont forcés de faire de même. Des enragés envahissent les rues pour protester ces coupes budgétaires. Le lait des mamelles de l’état est addictif. beaucoup auront de la difficulté à s’en passer mais les états n’ont pas d’autre choix. C’est soit couper un peu maintenant et arriver à maintenir certains services, ou tout s’écroule et personne n’a plus rien.

Ce que nous voyons arriver dans les états comme le Wisconsin et le New Jersey viendra un jour au Québec et je suis certain que beaucoup hurleront. Mais c’est ce qui arrive lors qu’on passe des décennies à vivre irresponsablement au-dessus de nos moyens et que vient le jour où quelqu’un passe notre carte de crédit aux ciseaux. La prochaine crise que nous vivrons n’aura absolument rien à voir avec le capitalisme, elle aura au contraire tout à voir avec l’étatisme et l’irresponsabilité.

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

7 Réponses à “L’irresponsabilité.”

  1. On vote aux 4-5 ans… ensuite LE PM -et les médias qui controlent l'image des politiciens- ont QUASI TOUS LES POUVOIRS.

    Vivons-nous réellement dans une démocratie?

  2. Démocratie représentative = représentants élus pour représenter les électeurs de leurs circonscriptions.

    Questions:

    Avec la dynamique actuelle des partis politiques et/ou de la ligne de parti et/ou l'absence de votes secrets non-soumis à ces dynamiques, les représentants -locaux- peuvent-ils réellement voter selon leurs consciences ou selon les désirs de leurs électeurs… locaux?

    Donc, dans notre système que nous appelons "démocratie", nos élus travailleraient plus pour UN parti "central" ou pour UN pouvoir central et ce, plus souvent qu'autrement?

    N'est-ce pas ces dynamiques qui conduisent les pays à centraliser -toujours plus- le pouvoir?

    Peut-on dire que nous vivons -encore- dans une forme édulcorée d'une pleine démocratie(*), soit la démocratie représentative ?

    P.s.
    Pourquoi est-ce si difficile -pour plusieurs libertariens québécois- de répondre à ces questions? Parce qu'ils croient que la "foule" est bête et qu'il ne faut absolument pas lui donner le pouvoir? Et pourtant, la "foule" peut-elle faire pire que ce système ?

    Question piège:
    Qui a élu Hitler, Mussolini, Staline, Pol Pot et Franco ?

    (*)
    La "pleine démocratie" est directe ou semi-directe ET locale comme, en Suisse…

    1. @ Sébas

      Avec la dynamique actuelle des partis politiques et/ou de la ligne de parti et/ou l\’absence de votes secrets non-soumis à ces dynamiques, les représentants -locaux- peuvent-ils réellement voter selon leurs consciences ou selon les désirs de leurs électeurs… locaux?

      Tu connais beaucoup de politiciens qui voteraient vraiment selon leur conscience? Ou même qui se soucient vraiment des désir de leurs électeurs, une fois élus? Malheureusemen, la politique fait en sorte que ce sont le plus souvent les mauvais politiciens qui sont élus.

      Donc, dans notre système que nous appelons \ »démocratie\ », nos élus travailleraient plus pour UN parti \ »central\ » ou pour UN pouvoir central et ce, plus souvent qu\’autrement?

      N\’est-ce pas ces dynamiques qui conduisent les pays à centraliser -toujours plus- le pouvoir?

      Même si ce n\’était pas de la partisannerie, l\’intérêt du politicien est toujours de se faire élire et la plupart n\’ont pas vraiment de scrupules quant aux moyens.

  3. Votre texte est très bon et vous avez raison: la démocratie conduit inévitablement à l'étatisme puisque pour se faire élire, la façon la plus simple est de promettre des cadeaux à tout le monde

    La seule chose avec laquelle je ne suis pas tout à fait d'accord(mais rare sont ceux qui pensent comme moi), est de maintenir le rôle de l'état d'aider les plus pauvres. En réalité, à leur origine, les programmes visent souvent à aider les plus pauvres ou une minorité bien précise. Toutefois, du fait de donner naissance à un programme, beaucoup plus de gens voudront s'en prévaloir que ceux pour qui il a été mis en place et c'est là que ça dégénère… On se trouve à faire du nivellement par le bas. Alors que si aucun programme n'existe, les gens n'ont pas le choix de se débrouiller et d'évoluer…

    1. @ lelibertarien

      La seule chose avec laquelle je ne suis pas tout à fait d\’accord(mais rare sont ceux qui pensent comme moi), est de maintenir le rôle de l\’état d\’aider les plus pauvres. En réalité, à leur origine, les programmes visent souvent à aider les plus pauvres ou une minorité bien précise. Toutefois, du fait de donner naissance à un programme, beaucoup plus de gens voudront s\’en prévaloir que ceux pour qui il a été mis en place et c\’est là que ça dégénère… On se trouve à faire du nivellement par le bas. Alors que si aucun programme n\’existe, les gens n\’ont pas le choix de se débrouiller et d\’évoluer…

      Je n\’y crois pas non plus, c\’est pourquoi j\’ai écrit: \ »Même si on admet que l’état a un rôle à jouer dans l’établissement d’un filet social, ce qui est discutable,\ ». La nature même de la politique fait qu\’on ne pourrait jamais avoir un filet social intelligent et ciblé si c\’est l\’état qui le gère. De simplement cibler les pauvresw n\’aiderait pas un politicien à ce faire réélire. Il faut que ses électeurs le voient \ »ramener le bacon\ ».

  4. Bon article. Vous posez la question qui tue "pourquoi les programmes sociaux ne ciblent-ils pas que les pauvres? ". Une première réponse est qu'il est impossible de définir socialement un pauvre. Vous êtes dubitatif? Alors, imaginez un Etat qui doit cibler des pauvres par un critère opérationnel juste. Vous ne parviendrez pas à déterminer un tel critère.

    Ensuite, l'Etat redistribue au nom d'une justice sociale sous le prétexte d'égalité. Mais un riche malade doit-il alors recevoir autant de subvention qu'un pauvre en bonne santé? L'Etat doit-il soigner les riches lorsqu'ils sont pauvres.

    Votre article donne la clé. L'Etat donne des subventions à ceux qui le demandent bruyamment et avec astuce. Qu'ils soient pauvres ou non, ce n'est pas le critère des subventions. Parce que un tel critère ne peut pas exister. Alors, l'Etat fait dans la bonne intention. Si l'intention est bonne, alors l'action est bonne. L'Etat préfère le gaspillage aveugle, mas bien pensant. Et ceux qui courent le plus vite vers les subventions sont ceux qui en bénéficient le plus. Ces subventions sont distribuées aveuglément par l'Etat.

    1. @ gdm

      Merci.

      Je dirais en fait que le principe d'universalité dans les service sociaux tient bien plus d'un clientélisme électoral que d'un gaspillage aveugle. Les politiciens savent très bien ce qu'ils font. Ils subventionnent les riches comme les pauvres, non pas dans un but de justice sociale, mais dans le but d'acheter des votes.

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