Re-fu-sé!

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Il fallait voir cette semaine Julie Snyder qui pleurait comme une madeleine aux cotés du Ministre Yves Bolduc alors qu’il annonçait en grande pompe le nouveau programme de fécondation assistée. C’était-y pas beau!

Je ne peux que rester ébahi devant le strict refus de notre gouvernement de faire face à la réalité.  Alors que les québécois font face à des attentes de 14 heures aux urgences  et dans certains cas meurent sur les listes d’attentes de chirurgie et que la province croule sous les dettes, d’accoucher d’un nouveau programme d’accès gratuit à un service plutôt marginal relève de l’hystérie. Comme s’il n’y avait pas de besoins plus criants et comme si notre état n’était pas déjà trop obèse. Pour un gouvernement qui se targue de vouloir faire 62% de l’effort pour ralentir ses dépenses, je me demande à la lumière de tous les programmes coûteux instaurés depuis le dernier budget, sans compter l’entente avec le front commun,  quand les dépenses sont supposées diminuer.  Où donc sont les coupures?  M’enfin!

Ce n’est pas seulement qu’il y a des besoins plus criants, mais aussi pourquoi faut-il absolument que la gratuité du programme soit mur à mur et que l’accessibilité soit même étendue aux femmes célibataires et homosexuelles? Je pourrais peut-être comprendre de donner un accès gratuit aux moins nantis, mais pourquoi le donner à ceux qui ont les moyens de payer? C’est un non-sens. Encore une fois, nos politiciens semblent croire que l’argent pousse sur les arbres et le distribuent à des fins purement électoralistes. Maintenant, nous sommes le seul endroit au monde qui offre un accès aussi étendu à la procréation assistée. Devinez pourquoi? Nous sommes la province la plus endettée au Canada, mais nous avons les moyens de nous permettre des programmes que personne d’autre se paie.  Et on se demande pourquoi on est endettés.

Ce qui est encore plus ridicule, c’est que pendant que nous dépensons des milliards en mesures d’augmentation de la natalité et pour le système de garderies à $7, nous avons en moyenne 10 000 personnes éduquées et productives qui quittent la province en quête de plus verts pâturages. Ne devrait-on pas plutôt travailler à garder ces gens ici? Semble-t-il que non.

Somme toute, ce nouveau programme est encore une fois un autre gaspillage éhonté des deniers publics par un gouvernement qui est décidément hors de contrôle. Ce qui est aussi intéressant, c’est que les journaux de Québécor, récemment très critiques des gaspillages du gouvernement, se sont montrés plutôt complaisants envers ce programme, comme le témoigne cette chronique de J. Jacques Samson. J’imagine que ce n’est pas bon pour la carrière de critiquer le « bébé » de la conjointe du grand boss. En autant que je suis concerné, je n’ai qu’un mot à dire à Julie: «Re-fu-sé!»

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

4 Réponses à “Re-fu-sé!”

  1. Voilà un autre grand paradoxe de l’État : il finance pleinement à la fois la vie (fécondations assistées) et la mort (avortements). La Vie et la Mort … ces politiciens veulent vraiment être le centre de Tout.

     

     FraddéP.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

    1. @ Fraddé,

      Vous venez de me rappeler que je voulais mentionner le paradoxe de l'avortement dans mon billet et je l'ai finalement oublié. Merci de le mentionner.

  2. Ce qui me fait capoter, c'est l'absurdité total d'un tel service. À la limite, les CPEs sont défendables, mais ça? Pourquoi une partie des milliers de dollars que je paie chaque année en impôt devrait aller dans un domaine qui ne peut même pas se justifier par une moralité quelconque? La solidarité envers les parents stériles? Trop d'égo pour ne pas avoir un enfant de quelqu'un d'autre (lire: adoption), mais pas assez pour refuser de se faire faire un enfant par l'État. Pitoyable.

    J'ai envi de vomir. Le déménagement s'en vient.

  3. Le problème vient de deux choses:

    Beaucoup de gens ne réalisent pas à prime abord que les traitements in-vitro demandent pas mal de responsabilités et coûtent cher. Justement l'élément mur-à-mur de cette politique va faire que l'état va se retrouver soit:

    -Avec le même problème que les garderies, où que celui qui est proche du parti au pouvoir (qu'il soit bleu ou rouge) va avoir des places spéciales.

    -Avec le côté mur-à-mur, il y a toujours y avoir des gens qui vont y trouver leur free lunch. Or, on parle justement de quelque chose qui n'est pas aussi simple que l'on pense comme intervention.

    -Comme que cela va être public, on va probablement tellement rationner cette politique qui vont faire que les listes d'attente vont durer très très longtemps. Or, avoir un bébé à l'âge de 45 ans à cause qu'une personne a attendue 10 ans sur une liste d'attente est carrément jouer au pyromane.   Sinon, des filles de 10-15 ans vont devoir se mettre sur une liste d'attente?

    Aussi, le gros problème vient du fait que réellement combien de gens ont besoin d'une telle politique qui coûte un bras. J'espère que certains parents ne vont pas être assez cons pour uniquement mettre des enfants au monde s'ils sont infertiles à cause de cette politique. Ils risquent d'avoir une méchante surprise.