Règlementation et Responsabilité

Depuis le début de cette récession, les drones des médias et des partis politiques, tous des illettrés économiques, ne cessent de répéter qu’elle est due au capitalisme sauvage et à la dérèglementation. Ils ne produisent aucune preuve évidemment. Selon eux, il suffit de pointer le comportement irresponsable des financiers de Wall street pour accepter prima facie que cette irresponsabilité doit certainement découler du fait que la règlementation doit avoir été déficiente. Après tout, ces financiers ont toujours agi comme des enfants, alors il faut continuellement mettre un frein à leur cupidité débridée, n’est-ce pas? Il n’y a pas d’autre explication possible, pas vrai?
Pourtant, si on se donne la peine de gratter la surface, c’est une tout autre histoire. Si on se donne la peine d’examiner comment les règles actuelles affectent les marchés, c’est tout le contraire qui transparait.
L’irresponsabilité
On accuse les banquiers de Wall street, mais personne ne se demande pourquoi tant d’acteurs du marché se comportent de cette façon en même temps. On leur reproche de s’enivrer sans se demander qui leur procure la boisson. Comment se fait-il que des adultes supposément responsables se conduisent comme des ados à leur première beuverie? La cupidité? Belle tentative, mais ça ne tient pas la route. Tout le monde est cupide. Mais nous mettons généralement un frein à notre cupidité, non pas parce que nous avons peur de représailles, mais parce que nous avons peur des pertes. Le risque peut apporter des gains importants, mais il peut aussi faire perdre gros. C’est la raison pourquoi bien peu choisissent de travailler dans ce genre de métier. Mais qu’arriverait-il si on vous disait que vous ne pouvez pas perdre? Qu’arriverait-il si on vous disait que les pertes importe peu parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui viendra essuyer ces pertes? Et que vous pourriez conserver tous les gains? Fonceriez-vous tête baissée? Comment pourriez-vous possiblement refuser quelque chose qui pourrait vous enrichir sans risque? Pareil comme gagner à la loterie. Soyez honnêtes!
Alors, pourquoi êtes-vous surpris que lorsqu’on crée des institutions comme la FDIC qui garantie les dépôts de banques avec l’argent du contribuable, mettant les banques à l’abri des ruées, que celles-ci prennent ensuite de plus en plus de risques avec l’argent de leurs déposants?
Pourquoi êtes-vous surpris quand Fannie Mae et Freddie Mac rachetaient les mauvaises créances de ces banques (les « subprimes ») et les revendait avec une cote AAA sous forme de d’actifs adossés aux hypothèques avec la garantie implicite du trésor américain, que les banques n’aillaient pas gaiement refiler leurs hypothèques douteuses à Fannie et Freddie et que les institutions du marché n’allaient pas sauter sur ces papier que Fannie et Freddie vendaient, sachant que le gouvernement ne les laisserait pas faire faillite?
Pourquoi êtes-vous surpris, après qu’Alan Greenspan et la Fed aient établi une politique pour voler à la rescousse des marchés (le fameux «Greenspan put») et institué la culture du «trop gros pour faire faillite», que les banques d’investissements se soient servies d’un effet de levier de plus en plus prononcé et aient fait des investissements de plus en plus risqués?
Et maintenant que Ben Bernanke, George Bush, Hank Paulson, Barack Obama et Timothy Geithner ont prouvé qu’ils avaient tous raison en déversant de s torrents d’argent pour sauver les banques et les fabricants automobiles de la faillite, vous croyez vraiment que la solution est encore plus de règlementation?
Quelle dérèglementation?
On entend souvent parler de dérèglementation, mais où sont les preuves? On pointe le système bancaire canadien comme modèle mais en réalité, même s’il est plus conservateur que le système américain, il est aussi moins règlementé que le système américain. Par exemple, nos banques n’ont jamais eu de restrictions les empêchant d’ouvrir des succursales dans d’autres provinces, alors que c’etait la norme aux États-Unis jusqu’au Riegle-Neal Act de 1994. Nous n’avons aussi jamais eu de règlementation qui imposait une séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement, pourtant même des conservateurs citent l’abolition du Glass-Steagall Act de 1933 comme une des causes de la crise.
Maintenant, l’administration Obama s’en vient avec ses gros sabots pour imposer encore plus de règlements au marché et déléguer la responsabilité de les enforcer à… la Réserve Fédérale!!! C’est mettre le loup en charge de la proverbiale bergerie!







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« On pointe le système bancaire canadien comme modèle mais en réalité, même s’il est plus conservateur que le système américain, il est aussi moins règlementé que le système américain. »
Bien dit!
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