Que faire pour une récession?

Le 29e président des États-Unis, Warren G. Harding. Celui dont le président Obama devrait s'inspirer, plutôt que FDR.
Il n’y a pas très longtemps, j’ai lancé un défi à quiconque croyait en les théories de John Maynard Keynes, de me citer un moment dans l’histoire où sa théorie de dépenses publiques contre une récession a véritablement fonctionné. Naturellement, personne n’est venu ramasser le gant. Quelle surprise! Par contre, Alain B. du Petit Émerillon me retourne la pareille dans un de ses billets, me disant:
Pour ma part, je me permet de lui relancer le défi contraire: Peut-il citer un seul exemple où des mesures du type “école autrichienne” ont été appliquées (où plutôt un cas s’absence de mesures interventionistes) à bon escient en période d’écroulement des marchés financiers et de menace déflationnaire (Eh les amis! C’est plus qu’une simple “récession” qu’on vit là!). Il n’y en a pas plus car aucun gouvernement démocratique ne peut se permettre de ne pas agir en temps de crise.
Tout le reste n’est que conjecture.
Je lui avait bien mentionné la panique de 1819 comme exemple, sur lequel bien peu ont commenté et aucun n’a été convaincu. Alors puisqu’un exemple de récession résolue par le laisser-faire ne suffit pas, je vous en donne un autre: la récession de 1920-21. Jamais entendu parler? Pas surprenant! Pourtant, elle fût la plus importante crise déflationnaire de l’Histoire des États-Unis. Presqu’aussi sévère que la crise de 1929. Pourquoi n’en avez-vous jamais entendu parler? Parce qu’elle fût aussi une des récessions les plus courtes de l’Histoire.
Lors de son élection en 1920, le président Warren G. Harding succéda à Woodrow Wilson, encensé des historiens, qui avait entraîné les États-Unis dans la 1ere guerre mondiale, institué de lourdes bureaucraties, emprisonné des dissidents et contracté une dette de $25 milliards. (Tiens, ça me rappelle un autre président récent). Harding hérita également d’une récession qui fît baisser le PIB de 24% et fît plus que doubler le nombre de chômeurs, de 2.1 millions à 4.9 millions.
Un des slogans de Harding était “less government in business”. Et là-dessus, il a tenu promesse. Contrairement à son secrétaire du commerce, Herbert Hoover, Harding était un véritable apôtre du libre-marché. Suite à son élection, il a entrepris presqu’exactement ce que l’école autrichienne prescrit. De 1920 à 1922, il a réduit les dépenses fédérales de 6,3 à 3,2 milliards$ et a réduit les taxes fédérales de 6,6 à 4 milliards $. Pas de sauvetage de banques ou d’industries, pas de programmes de travaux publics, pas de règlementations pour faire augmenter les coûts d’opérations, et pas de dénigrement de ces « méchants capitalistes ».
Grâce à cette politique non-interventionniste, en 1922 le PIB était remonté à 74,1 milliards $ et le nombre de chômeurs était tombé à 2,8 millions (6,7% de la main d’oeuvre), seulement un an et demi après l’inauguration de Harding. Le taux de chômage continua de chuter jusqu’à 1.8% en 1926, le plus bas enregistré en temps de paix. Par comparaison, pendant le New Deal, de 1933 à 1940, le taux moyen de chômage était de 17%.
Alors, préférez-vous que le Président Obama imite FDR ou Harding?

(4 votes, average: 4,50 out of 5)











Hello Philippe,
je te laisse une étude de la Fed de New York.
http://www.newyorkfed.org/research/economists/eggertsson/ContractionaryTaxes.pdf
Pas que je ne me positionne en accord ou en désaccord avec cette étude. Mais c’est tout de meme intéressant d’avoir un point de vue un peu plus nuancé que le tout noir ou tout blanc des « analystes » tels que Schiff.
JC
@JC
Merci pour cette étude qui est avant tout très néo-keynésienne. Il me faudra plus que quelques minutes pour vérifier si leurs modèles se rapportent vraiment à la réalité. À première vue, elle semble questionner l'efficacité des baisses d'impôt vs celle des dépenses contre-cycliques.
Personnellement, il m'est difficile de me rallier au raisonnement keynésien que je trouve fallacieux et l'histoire semble donner raison à ses nombreux critiques. Selon ce que je sais des principes économiques, les baisses d'impôts, qui sont bienvenues de tout libertarien ne sont vraiment efficaces dans un contexte de récession que si elles sont accompagnées par une réduction significative des dépenses gouvernementales.
Si on se fie à des exemples comme la grande dépression et la décennie perdue japonaise, il semble que l'efficacité des solutions keynésiennes et monétaristes dont tout au plus douteuses, malgré leurs savants modèles.
« je vous en donne un autre: la récession de 1920-21. Jamais entendu parler? Pas surprenant! Pourtant, elle fût la plus importante crise déflationnaire de l’Histoire des États-Unis. Presqu’aussi sévère que la crise de 1929. Pourquoi n’en avez-vous jamais entendu parler? Parce qu’elle fût aussi une des récessions les plus courtes de l’Histoire. »
Il est vrai qu’à l’époque, le choix du libre-marché était la plus sage des décisions, et c’est à se demander si la deuxième guerre mondiale n’a pas carrément sauvé l’économie américaine (l’après 1929), car disons-le franchement, FDR n’a rien fait de bon avec son New Deal.
Moi-même étant un ‘apôtre’ du libre-marché, je crois que la situation actuelle est bien différente que celle de 1920. Le problème principal se trouve dans le type de la main d’œuvre. À l’époque, le cheap labour était très accessible, les syndicats pratiquement absents, alors, pour l’entreprise, l’Amérique était un endroit rêvé. Aujourd’hui, les salaires sont élevés, les syndicats sont présents dans plusieurs domaines d’activités et la demande intérieure est dans un cycle régressif. Par contre, en Asie, le cheap labour est très présent, la demande croît énormément (et n’a pas fini d’ailleurs) et la fiscalité n’est point oppressante. Donc, en 1920, l’Amérique était l’endroit prodige, aujourd’hui, c’est l’Asie.
Les Américains sont condamnés en quelque sorte, car ils se font de faux espoirs avec les billions qu’ils n’arrêtent pas d’emprunter pour tenter de maintenir une demande artificielle. Un jour, les grands ciseaux passeront dans leur grosse carte de crédit et on peut s’imaginer toutes sortes de scénarios «post-grands-ciseaux».
«Reconnais le moment favorable.»
Pittacos de Mytilène
@ Fraddé
Précisément pourquoi on devrait retourner au laisser-faire…