Le déclin de la social-démocratie

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Photo David Boily, La Presse

Désolé si je n’ai pas été très assidu pour poster du matériel cette semaine, mais elle s’est révélée particulièrement chargée. Aussi, je me suis retrouvé avec un manque de temps chronique. Il y a plusieurs choses que je voulais commenter cette semaine, et même si les sujets sont disparats, ce billet devrait étrangement les rapprocher. Tout d’abord, il y a eu l’affaire de Fredy Villanueva et l’émeute qui en a résulté à Montréal-Nord et aussi une joute dans la blogosphère entre mes collègues Renart l’Éveillé et Martin Masse au sujet de la doctrine libertarienne, dont le dernier chapitre est ici. Où est le lien? Continuez de lire.

D’abord, la mort de Fredy Villanueva, toute tragique qu’elle fût, était probablement évitable. L’enquête n’est pas terminée, mais après que la poussière soit retombée, plusieurs détails ont commencé tranquillement à filtrer. Ainsi, il s’avère que les policier avaient interpelé Dany Villanueva pour bris de condition de probation. S’il s’était laissé arrêter paisiblement, les chances sont qu’il aurait retrouvé sa liberté avant la fin de la journée sans histoire, mais il a choisi de résister. Ensuite son frère et quelques autres ont décider de s’en mêler en se ruant sur la partenaire de l’agent qui tentait de maitriser Dany. Selon les témoignages, l’un d’eux l’aurait pris par la gorge. Dans de telles situations, les policiers n’ont que quelques secondes pour réagir. Il est difficile de les critiquer. Pourtant, j’ai trouvé plutôt désolant la vitesse avec laquelle les policiers ont été condamnés par le public et les médias. On se confondait pour accuser les policiers raciste, blâmer la pauvreté, la ghettoïsation et la société en général. Tout sauf les premiers concernés. Victimologie 101. Pourtant ce triste évènement et l’émeute qui a suivi ne sont que des symptômes d’un plus grand mal.

Dans son blogue, Richard Martineau passe très près de mettre le doigt sur le bobo. Dans le billet il dit essentiellement que le manque de respect pour l’autorité découle directement de la déchéance de l’autorité parentale dans notre société. Les jeunes n’ont plus de points de repères. Je vous cite un passage que je trouve particulièrement significatif:

«De plus en plus souvent dans les familles, tout le monde est au même niveau. Les parents n’assurent plus leur rôle car ils n’ont pas fait le deuil de leur propre enfance.

« Beaucoup de gens aujourd’hui ont du mal à accepter l’inégalité entre parents et enfants. Ils imaginent qu’elle ne peut exister qu’au détriment de l’enfant alors qu’elle lui est au contraire essentielle car elle lui permet d’échapper au corps à corps avec ses parents.

« C’est en fait pour les parents que cette inégalité est le plus difficile à assumer car elle suppose qu’ils renoncent à leur enfance, et derrière ce renoncement se profile, inéluctable, leur propre mort. »

Je suis en parfait accord avec ça, mais il faut aller encore plus loin. Pourquoi donc les parents ne font-ils pas le deuil de leur enfance? Réponse: la social-démocratie, ce que moi j’appelle l’état-nounou. Dans notre cher système d’état-providence, l’état cherche à s’approprier toutes les responsabilités de la vie adulte et le résultat est que nous sommes tous abrutis et infantilisés. Ainsi, nous avons de plus en plus de difficultés à passer de l’adolescence à l’âge adulte. Nous vivons en perpétuels adolescents. L’état prend en charge nos ainés et nos enfants (le peu qu’on a), nous libérant a passer notre temps à rechercher notre gratification personnelle. L’état s’occupe de nous du berceau au tombeau. Il paie même une partie de nos frais funéraires. Ce qui fait que nous ne savons même plus nous occuper de nous-même, encore moins de notre progéniture, ou même de pratiquer notre instinct reproductif. Ceux qui connaissent un Tanguy, levez vos mains… Vous seriez surpris combien de mains seraient levées si je lançait cette question à l’audience d’un auditorium. De nos jours, un homme dans la trentaine peut aller dans un bar et admettre qu’il vit encore avec ses parents, et arriver tout de même à sortir avec une belle femme au bras. On quitte le foyer parental plus tard. On se marie plus tard, si on se marie. On fait des enfants plus tard, si on en fait. Et lorsqu’on en fait, (généralement pas plus que un ou deux) on préfère être copain-copain avec eux, plutôt que d’exercer notre autorité et imposer des balises, parce que nous avons nous-même de la difficulté à nous imposer des balises. On laisse nos enfants à la garderie et ensuite à l’école, pour ensuite se ranger du coté de notre petit chérubin contre ses éducateurs ou ses professeurs lorsqu’il commet un délit quelconque à l’école. Est-il surprenant après tout ça que lorsqu’une émeute se produit, on blâme les policiers plutôt que les émeutiers?

Lorsqu’on est libertarien et qu’on réclame une réduction de l’État, moins d’impôt et une plus grande responsabilisation des citoyens, on est souvent considérés par la gauche comme des égoistes, qui ne veulent que la loi du chacun pour tous soi. Dans sa promotion de l’état-providence, la gauche fait appel à notre sens de la vertue. Il faut qu’on répartisse la richesse, payer plus d’impôts, partager les fardeaux de la communauté. C’est plus juste. Plus équitable. Seulement, l’histoire récente prouve que rien ne rend un citoyen plus égoïste que le communautarisme socialiste. Un fois que la population est accroc à tous ses programmes sociaux, on ne peut plus les en détourner. Il importe peu que l’État fera probablement faillite dans 20 ans, tant qu’ils recoivent leurs bénéfices jusqu’à la mort. On a souvent dit que nous accumulons des dettes que nos enfants et petits-enfants devraient payer, mais la triste réalité est que bientôt, il n’y aura plus personne pour payer la facture. C’est le paradoxe de la social-démocratie. Si vous ne me croyez pas, jetez un coup d’oeil à ce qui se passe en Europe.

L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. – Frédéric Bastiat

Vous savez ce que le nazisme, le communisme, le fascisme et la social-démocratie ont en commun? L’étatisme. Cette religion qui se traduit en une confiance aveugle en l’État. Pourtant un évènement de l’Histoire récente démontre sans équivoque les failles d’un gros gouvernement, c’est le 11 septembre 2001. Nonobstant les théories du complot, le 11 septembre a vu tous les gros organes du gouvernement américain cafouiller grossièrement (FAA, CIA, FBI, Norad, etc). Les seules choses qui ont fonctionné ce jour-là sont les petits organismes comme la police et les pompiers de New York et Washington et une poignée de citoyens privés sur le vol 93, qui ont pris les choses dans leurs propres mains et ont sacrifiés leur vie pour qu’un des quatres avions détournés rate sa cible. Cette poignée de citoyens a réalisé se jour là ce que le plus puissant état au monde n’a pas su faire. Pourquoi? Parce que, pour tous leur défauts, les américains ne sont pas aussi dépendant de l’état que nous le sommes et ont conservé un sens de l’initiative individuelle qui est en train de se perdre dans les états sociaux-démocrates. C’est cet esprit, plus que tout autre chose qui a fait des États-Unis la seule super-puissance au monde. C’est aussi cet esprit que le libertarianisme cherche à promouvoir. Certains disent que cette doctrine est passée, basée sur des idées issues du XvIIIe et XIXe siècles, malgré le fait qu’un deux de ses plus grands cerveaux (Friedman et Hayek) étaient des contemporains. À ceux là, je répliquerait que le concept de liberté individuelle n’est pas un concept qui est passé date. Il est encore pertinent aujourd’hui, il le sera toujours dans deux cent ans.

En attendant, dans les soubresauts d’agonie inévitables de la social-démocratie, attendez-vous à voir d’autres émeutes comme celle de Montréal-Nord.

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

62 Réponses à “Le déclin de la social-démocratie”

  1. À bien y penser, j'ai assez donné. Il y a une fois de trop le mot brainwashing ici et je ne l'accepte tout simplement pas, surtout pas de quelqu'un qui ressasse les clichés des lignes ouvertes et pige ses anecdotes historiques comme bon lui semble dans des ouvrages généraux. Tant pis si je parais condescendant, mais, oui Philippe, tu détourne l'histoire à tes fins, et maladroitement, comme nombre de libertariens. Que chacun s'approprie l'histoire, la lise, se fasse sa propre tête, c'est certainement bien, mais il y a des limites à ce qu'on peut dire ou faire dire à l'histoire. Et oser répéter que nous sommes tous lessivés du cerveau c'est aller trop loin, surtout venant de quelqu'un qui a justement toute la liberté d'interpréter comme il veut l'histoire! C'est un non-sens! Je réfute donc violemment les affirmations ou même les suggestions à l'effet que l'enseignement au Québec soit une entreprise d'endoctrinement socialiste et aussi celles selon lesquelles les médias nous manipuleraient dans ce sens, comme l'affirme sans gêne Tym Machine. Celle-là est bonne aussi! Les discours de droite ne manquent pas de se faire entendre sur toutes les tribunes et depuis de nombreuses années, autant dans les médias québécois que ceux américains. J'imagine que c'est naturel pour des gens qui attribuent toutes les fautes à  l'État d'expliquer par des complots le fait que leur position radicale -oui, radicale- soit si peu répandue, mais pour moi c'est pire que de la condescendance, c'est méprisant, c'est une insulte à l'intelligence humaine. Venant de gens qui ont foi absolue dans la raison humaine, c'est encore plus choquant.

     

    Voilà! Sans rancune.

  2. @Nicolas Racine:

    Ma position est celle de John Rawls. On peut la résumer ainsi: nous ne choisissons pas les conditions dans lesquelles nous venons à la vie. Cette inégalité fondamentale peut être jugée naturelle et acceptable, mais le rôle du groupe social est d’atténuer cette inégalité fondamentale en appliquant le principe de justice: dès qu’une mesure collective de redistribution de la richesse est acceptée par la communauté, elle doit d’abord favoriser ceux qui détiennent le moins de ressources ou qui sont les laissés pour compte du groupe.

    Pour ma part, je préfère Ayn Rand:

    L'homme est qualifié d'être rationnel, mais la rationalité est un choix – et l'alternative que lui offre sa nature, c'est: être rationnel, ou animal suicidaire. L'homme doit être homme – par choix; il doit avoir sa vie comme valeur – par choix; il doit apprendre à en être responsable – par choix; il doit découvrir les valeurs qui sont nécessaires à cela et pratiquer ces vertus – par choix.

    Ou George McGovern:

    The nature of freedom of choice is that some people will misuse their responsibility and hurt themselves in the process. We should do our best to educate them, but without diminishing choice for everyone else.

    J'ai de la difficulté avec la thèse que la société doit à tout prix protéger les gens des conséquences de leurs mauvais choix.

  3. @Martin Beaudin-Lecours:

    Tout compte fait, tu as bien droit à ton opinion comme j'ai droit à la mienne. Il est certain que je ne te convaincrai pas et vice-versa. Néanmoins, tu es toujours le bienvenu. C'est toujours plus intéressant de débattre avec des gens qui ont un point de vue différent, car il arrive de temps en temps qu'on apprenne quelque chose d'inattendu.

    Absolument sans rancune.

  4. @MBL,

    "les suggestions à l'effet que l'enseignement au Québec soit une entreprise d'endoctrinement socialiste et aussi celles selon lesquelles les médias nous manipuleraient dans ce sens, comme l'affirme sans gêne Tym Machine."

    Je ne me souviens pas en avoir fait état dans ce débat mais ainsi soit-il si tel est le cas.

    Je suis assez honnête pour constater que ce n'est pas tous les médias évidemment qui sont gauchistes et socialistes, prenons le National Post par exemple et évidemment tout ce que la gauche à qualifié de Radio Poubelle à Québec.

    Pour ce qui est de l'enseignement au public, c'est normal que le milieu soit constitué essentiellement de socialistes et d'étatistes, le gouvernement est leur employeur. Ceux qui sont assez "cocky" pour émettre des opinions discordantes à ce que L'employeur pense se font rapidement évincer je vous en passe un papier.

    Ce qui est désolant dans ce milieu, ce n'est pas tellement l'omniprésence et la puissance syndicale, c'est le fait que "l'employeur" ou du moins ceux qui se croient investis d'une mission divine étatique, un peu comme les prêtres qui se voient les représentants de Dieu sur terre, la marge est mince, et la partie syndicale sont les deux faces d'une même pièce et nous font accroire qu'ils se battent à qui mieux mieux pour les intérêts des employés (les enseignants et le personnel d'école, secrétaires, concierges etc) alors que c'est de LEURS intérêts dont il est question ici.

    Bref, j'espère que ça viendra clarifier ma pensée sur le sujet et apporter un bémol à cette affirmation un peu caricaturale que j'ai sûrement due employer dans le passé.

    Car rappelez-vous ce que j'ai dit sur un autre blogue monsieur Lecours, personne n'est 100% étatique à part une infime minorité de "purs et durs" quasi convertis aux vertues du communisme tout comme personne n'est 100% libertarien, nous sommes des mixtes de différentes influences voilà tout.

    Alors cessez de vous en faire avec les libertariens, la plupart ne sont pas des extra-terrestres fanatisés par leur mission mais des citoyens honnêtes qui se voient forcer de jouer la "game" du système et qui aimerait apporter une vision différente des choses.

    Salutations,

    Tym Machine

  5. "J’ai de la difficulté avec la thèse que la société doit à tout prix protéger les gens des conséquences de leurs mauvais choix."

    C'est encore plus subtil que ça. Rawls parle de l'inégalité fondamentale, celle sur laquelle aucun choix n'a été fait. Pas sur les conséquences de choix éclairés.

    Exemple: il est normal que la société soigne les cancers d'origine génétique. Le malade n'a pas choisi de développer la maladie. Par contre, un malade atteint du cancer des poumons en raison de son habitude fumer pourrait devoir payer ses soins.

    On pourrait en débattre longtemps…

  6. @Nicolas Racine:

    Effectivement, on pourrait discuter encore longtemps. Je ne suis pas en désaccord avec l'exemple cité. Mais je crois ultimement que nous devons être resposables de nos choix, qu'ils soient pris en toute connaissance de cause, ou non. C'est généralement ce qui stimule quelqu'un à s'en sortir.

  7. @N.Racine,

    "il est normal que la société soigne les cancers d'origine génétique."

    Je suis d'accord avec la comparaison.

    Quelqu'un doit quelque part ultimement s'occuper du cancer d'origine génétique mais est-ce que cela doit à tout prix être le gouvernement via nos taxes? Est-ce que ce ne pourrait pas être les compagnies d'Assurance avec un mix avec les organismes de charité.

    Si nos taxes étaient moins élevée au Québec et nos salaires un peu plus élevés, comme je l'ai dit à plusieurs reprises et cela semble faire un large consensus qui outrepasse l'affiliation libertarienne, les gens seraient peut-être plus portés à donner généreusement au lieu de gratter les fonds de tiroirs juste pour payer ses impôts.  Nous sommes la dernière province et loin derrière l'avant-dernière en ce qui a trait à la générosité de nos dons de charités et cela est mesurable via les dons déclarés sur les impôts. Alors de deux choses l'une, soit que nous soyons vraiment généreux sur ce qu'on ne déclare pas ou soit qu'on se dise que nos taxes vont faire le travail de la "générosité" et de la "charité" (avant c'était la religion qui jouait avec nos consciences avec la charité chrétienne maintenant c'est la générosité forcée par les taxes gouvernementales et j'ajouterais les contraventions car pour 80% de celles-ci, il s'agit de contraventions de "trappes à tickets" et non de contravention pour donner une leçon à des imprudents dangereux).

    Maintenant reprenons l'exemple des fumeurs, encore là, une minorité d'entre-eux ne décederons pas de leur vice, une autre partie d'entre eux aura travaillé durement pour payer leur vice et une autre partie d'entre eux auront été sur l'assistance sociale. Maintenant la question que je me pose c'est doit-on privilégier le fumeur qui a travaillé toute sa vie ou l'autre qui s'est assis sur la "générosité" des autres, de la "société" (je trouve que le terme société tend à dépersonaliser les individus et à les inclure dans un vaste tout un peu abstrait sur les bords mais il ne s'agit ici que d'une réflexion personnelle).

  8. @Tym

    J'ai un problème avec la charité. Je vais y aller comme je le pense.

    La charité – et la philanthropie – sont des concepts moraux fortement liés à la religion. Je ne t'apprends rien en disant que toutes les religions insistent beaucoup sur la charité. Pour les judéo-chrétiens, la charité est une façon d'assurer aux riches la clémence du Ciel pour leur richesse. C'est un concept encore très fort dans les mouvements évangéliques ou l'assistance privée aux nécessiteux est nettement plus forte qu'ici. Chez les musulmans, l'aumône est un des cinq piliers de l'Islam, aussi importante que la prière ou le pélerinage. Chez les hindouistes, l'aide désintéressée aux pauvres par l'aumône augmente le karma. etc.

    Là ou je veux en venir, c'est que dans une société qui valorise la laïcité, la liberté individuelle et le capitalisme, l'aide envers les pauvres n'a aucune utilité. Elle est au contraire contre-productive, puisque les capitaux investis dans des organismes de charité ne rapporteront jamais de bénéfices, si ce n'est de l'estime morale. Un véritable capitaliste investit son capital dans des activités qui augmentent sa richesse et les capacités de production de ses entreprises. Le seul ressort de la charité, c'est le sentiment de culpabilité induit par l'esprit religieux. Si cet esprit disparaît, sur quelles bases morales les nantis auraient intérêt à faire la charité ? C'est du gaspillage de ressources, puisqu'elles ne rapporteront pas.

    Je vais encore passer pour un pessimiste primaire (je m'assume). Au Québec, le sentiment religieux est en chute libre depuis plus de 40 ans. Même lors des téléthons, on arrache de l'argent aux gens en les faisant brailler, en jouant sur leur sentiment de culpabilité et sur leur pitié (des réflexes foncièrement religieux, s'il en est). Dans une société ou personne ne croit être jugé pour ses actes après sa mort, ou on ne prélève pas l'impôt et ou l'accumulation de capital est permise sans limite, quel sera l'intérêt de redonner une partie de ses biens ? Aucun. La seule chose qui compte, c'est son propre bien-être, point final.

  9. @N. Racine,

    Vous avez en gros raison et je suis d'accord en tout point avec votre dernier commentaire. Le seul bogue, c'est ce paragraphe:

    "Là ou je veux en venir, c’est que dans une société qui valorise la laïcité, la liberté individuelle et le capitalisme, l’aide envers les pauvres n’a aucune utilité."

    J'avoue que dans beaucoup de cas, la charité a plutôt des vertues capitalistes dans le sens où l'on donne pour les crédits d'impôts. 

    Je prends un exemple de par chez nous, il existe un organisme de charité qui s'appelle La tablée populaire qui est un organisme de charité qui aide les pauvres. Une de leurs activités principales de financement, c'est une lotterie qui s'appelle la Lotto-Maison qui te permet de gagner une maison et de nombreux autres prix. Or, en achetant des billets de tirage, tu peux obtenir un crédit d'impôt de quelques dollars ce qui peut être un autre facteur incitatif pour acheter un billet. 

    L'autre point, c'est que le bien-être des gens dépend aussi des autres. Prenons un autre exemple, les piqueries que le gouvernement conservateur veut abolir.  Si je ne suis pas contre l'idée d'abolir le financement, il ne faudrait pas "criminaliser" le tout. Les gens ne se rendent peut-être pas compte que le problème ne s'en ira pas et qu'il faudra vivre avec de toute façon. Alors pour leur bien-être personnel, il leur faudra en quelque sorte, acheter la paix mais cela doit être fait de façon volontaire.

    On a cette mentalité au Québec que si on ne l'oblige pas par la loi, personne ne le fera. Je crois qu'il faut se battre et conscientiser les gens pour qu'ils changent cette mentalité. Ils doivent se rendre compte que si on baisse leurs impôts, c'est pour qu'ils donnent davantage aux organismes de charité.

    En ce sens, je crois foncièrement que le libertarisme amènera plus de collectivisme et de philantropie que notre système actuel de taxes élevées qui engendre l'effet pervers que la charité doit être assumée à 99,9% par l'état. Il y aura plus de collectivisme et plus d'entraide si on se conscientise sur une base "volontaire". Les profiteurs deviendront un peu comme les "outcasts" de la société et ils s'arrangeront par eux-mêmes.

  10. @Tym

    "J’avoue que dans beaucoup de cas, la charité a plutôt des vertues capitalistes dans le sens où l’on donne pour les crédits d’impôts."

    Le problème, en effet, c'est que si on diminue les impôts, conséquence normale d'un interventionnisme réduit, alors les crédits d'impôts aussi seront réduits, voire abolis.

    J'ai toujours eu un problème avec les idéologies qui préconisent de "changer l'homme", de l'améliorer par l'éducation, qui nécessairement va l'amener là ou on veut qu'il aille. Le problème, c'est qu'on ne peut jamais savoir dans quelle direction va aller la conscience d'un individu, alors tout un peuple… Les communistes ont voulu créer l'homo sovieticus, un homme sans âme ni conscience, un robot sans individualité. Je ne crois pas que l'homo libertarius soit une meilleure idée. Pourquoi ? En poussant à bout le raisonnement, un être purement libertaire ne se soucie que de lui-même. On ne peut pas exiger de lui qu'il agisse pour le bien-être des autres, ce serait interférer avec sa liberté individuelle. Les intérêts du groupe ne doivent pas interférer avec ceux de l'individu dans un tel système. C'est là que je trouve une contradiction, qui est d'ailleurs tout aussi valable pour le communisme, mais à l'envers: on ne peut pas exiger d'un individu qu'il abandonne tous ses intérêts personnels au profit de ceux du groupe. C'est contre-nature.

    L'humain est pris dans ce dilemne individu/groupe. Il ne peut pas faire abstraction de l'un comme de l'autre. L'État démocratique libéral est une manifestation de ce dualisme: respect des libertés individuelles et structuration des intérêts communs. Le reste, ce n'est qu'une question d'ajustements.

  11. [...] soit comme mes meilleures qualités ou mes pires défauts. Malgré tout, il y en aura toujours pour questionner cette honnêteté. Je n’irai donc pas par quatre [...]

  12. @N. Racine,

    Il ne faut pas confondre libertaire et libertarien. Il existe des différences MAJEURES entre les deux idéologies.

    À ce sujet je vous propose l'article suivant du blogue du Québecois libre, un excellent endroit où discuter avec des libertariens d'ailleurs:

    Le titre de l'article en question: La Presse continue à confondre "libertaire" et "libertarien"

    http://www.leblogueduql.org/2008/08/la-presse-con