L’illusion de l’intervention gouvernementale

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Pour promouvoir la culture générale et pour instruire ceux qui sont intéressés au courant libertarien, J’ai commencé récemment à publier sur ce blogue des textes de quelques uns des grands penseurs de ce mouvement. J’ai commencé avec un texte de Frédéric Bastiat sur sa définition de l’État. Aujourd’hui, je vous propose un texte de Ludwig von Mises, économiste de l’École Autrichienne d’économie, qui vous parlera de l’interventionnisme gouvernemental. Bonne lecture.

Ludwig Von Mises (1881-1973)

L’illusion de l’intervention gouvernementale

Publié pour la première fois dans Christian Economics, 4 février 1964.

 

Les facultés intellectuelles et morales de l’homme ne peuvent s’épanouir que là où les gens s’associent entre eux de manièrent pacifique. C’est la paix qui est à l’origine de toutes les choses humaines, et non — comme le disait le philosophe antique grec Héraclite — la guerre. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, la paix ne peut être établie et préservée que par un pouvoir capable d’écraser les briseurs de paix et disposé à la faire.

Le gouvernement, l’État, est l’appareil social de coercition et de contrainte. Son but est de rendre le monde sûr pour permettre la coopération humaine, et ce en protégeant la société face aux attaques des agresseurs étrangers et des bandits nationaux. La marque caractéristique du gouvernement est de disposer, dans une région donnée du globe, du pouvoir et du droit exclusifs d’avoir recours à la violence.

Dans l’orbite de la civilisation occidentale, le pouvoir et les fonctions du gouvernement sont limités. Plusieurs centaines, voire des milliers d’années de rudes conflits ont conduit à une situation garantissant aux citoyens individuels la liberté et de véritables droits, et non de simples libertés. Dans une économie de marché les individus sont à l’abri de toute intervention du gouvernement tant qu’ils ne violent pas les lois dûment promulguées du pays. Le gouvernement n’entre en jeu que pour protéger les gens honnêtes et respectueux de la loi contre des attaques violentes et frauduleuses.

Il y a des gens qui disent que le gouvernement est un mal, mais qu’il s’agit d’un mal nécessaire. Cependant, ce qui est nécessaire en vue de parvenir à une fin donnée ne doit pas être qualifié de mal au sens moral du terme. C’est un moyen, mais ce n’est pas un mal. On peut même dire que le gouvernement est la plus bénéfique de toutes les institutions terrestres car sans lui il ne pourrait y avoir ni coopération pacifique entre les hommes, ni civilisation, ni vie morale. C’est dans ce sens que l’apôtre a dit qu’ « il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu » a.

Mais l’existence même d’un appareil gouvernemental de coercition et de contrainte fait surgir un nouveau problème. Les hommes détenant cet appareil cèdent trop facilement à la tentation de mésuser de leur pouvoir. Ils tournent leurs armes vers ceux qu’ils devaient servir et protéger. Le principal problème politique de toutes les époques fut et est le suivant : comme éviter que les dirigeants ne se transforment en despotes et ne créent un État totalitaire. Défendre le liberté individuelle contre les empiètements des gouvernements tyranniques, contre les dangers d’un régime totalitaire, voilà quel était et quel est la question fondamentale de l’histoire de la civilisation occidentale.

Or à notre époque la cause du totalitarisme a trouvé une nouvelle vigueur par le biais d’une ruse. L’élimination radicale de toute liberté de l’individu à choisir sa propre voie, et ce au bénéfice de l’autorité politique suprême, est saluée sous les noms de socialisme, de communisme ou de planisme comme la victoire de la véritable liberté. Ceux qui visent à un état de fait où tout le monde sera réduit au statut de simple rouage dans les plans des « ingénieurs sociaux » paradent et s’affichent comme les successeurs des grands champions de la liberté. L’assujettissement d’une nation libre par les forces du régime le plus tyrannique qu’ait connu l’Histoire est appelé « libération ».

La politique de la voie médiane

Face au formidable défi du totalitarisme, les partis au pouvoir en Occident ne cherchent pas à préserver le système de la libre entreprise qui a offert à leurs nations le plus haut niveau de vie jamais atteint dans l’Histoire. Ils ignorent que la situation de tous les citoyens de États-Unis et des autres nations qui n’ont pas placé trop d’obstacles sur la route de la libre entreprise est bien plus favorable que la situation des habitants des pays totalitaires. Ils pensent qu’il est nécessaire d’abandonner l’économie de marché et d’adopter une politique de la voie médiane, supposée éviter les prétendus défauts de l’économie capitaliste. Ils cherchent un système qui, comme ils le disent, serait aussi éloigné du socialisme que du capitalisme et qui serait supérieur aux deux. Ils veulent éliminer, au moyen de l’intervention directe du gouvernement, ce qu’ils considèrent être insatisfaisant dans l’économie de marché.

Une telle politique d’immixtion du gouvernement dans les phénomènes du marché avait déjà été recommandée par Marx et Engels dans le Manifeste communiste. Mais les auteurs du Manifeste communiste considéraient les dix groupes de mesures interventionnistes qu’ils suggéraient comme devant conduire petit à petit au socialisme intégral. Tandis que de nos jours les porte-parole du gouvernement et les politiciens de gauche préconisent ces mêmes mesures comme étant une méthode, voire l’unique méthode, pour sauver le capitalisme.

Les avocats de l’interventionnisme ou de l’immixtion du gouvernement sur le marché se défendent de vouloir le socialisme et disent vouloir conserver au contraire la propriété privée des facteurs de production matériels, la libre entreprise et l’échange marchand. Mais ils prétendent que ces institutions de l’économie de marché pourraient facilement être utilisées de travers, et qu’elles le sont d’ailleurs souvent, par les classes possédantes afin d’exploiter de manière injuste les couches pauvres de la population. Pour éviter un tel résultat ils souhaitent restreindre la liberté d’action des individus par des ordres et des interdictions édictés par le gouvernement. Le gouvernement devrait s’immiscer dans toutes les actions des hommes d’affaires qu’il considère comme nuisant à l’intérêt public ; sur les autres aspects, toutefois, il devrait laisser fonctionner le marché et lui seul.

Selon cette doctrine interventionniste seul le gouvernement est qualifié pour décider dans chaque cas si « l’intérêt public » réclame ou non l’intervention du gouvernement. La véritable signification du principe interventionniste revient par conséquent à déclarer : Le monde des affaires est libre d’agir tant qu’il suit exactement les plans et les intentions du gouvernement. Il ne reste ainsi rien d’autre au marché que le droit d’exécuter humblement ce que le gouvernement veut qu’il fasse. Il ne reste à l’économie de marché que quelques mots, bien que leur signification ait radicalement changé.

La doctrine interventionniste n’arrive pas à comprendre que les deux systèmes — l’économie de marché et sa suprématie des consommateurs d’une part, l’économie dirigée par le gouvernement d’autre part — ne peuvent pas être combinés au sein d’un composé viable. Dans l’économie de marché les entrepreneurs sont soumis sans restriction à la suprématie des consommateurs. Ils sont obligés d’agir de façon à ce que leurs opérations soient approuvées par les achats des consommateurs et deviennent de ce fait rentables. S’ils échouent dans leurs tentatives, ils subissent des pertes et doivent, s’ils n’arrivent pas à modifier leurs méthodes, changer de métier.

Toutefois, même si le gouvernement empêche les entrepreneurs de choisir les projets que les consommateurs veulent que ces derniers exécutent, il ne parvient pas aux fins qu’il voulait atteindre par ses ordres et ses prohibitions. Producteurs et consommateurs sont tous deux forcés d’adapter leur comportement au nouvel état de choses consécutif à l’intervention du gouvernement. Mais il se peut que la façon dont eux, producteurs et consommateurs, réagissent, apparaisse encore moins souhaitable aux yeux du gouvernement et des avocats de l’intervention que la situation précédente du marché libre de toute entrave et que le gouvernement voulait modifier. Dès lors, si le gouvernement ne veut pas s’abstenir de toute intervention et revenir sur sa première mesure, il est obligé d’ajouter une nouvelle intervention à la première. La même histoire se répète alors à un autre niveau. Et à nouveau le résultat de l’intervention du gouvernement lui apparaît encore moins satisfaisant que la situation précédente à laquelle il désirait remédier.

De cette façon le gouvernement est forcé d’ajouter à sa première intervention de plus en plus de décrets d’ingérence, jusqu’à éliminer de fait toute influence des facteurs du marché — entrepreneurs, capitalistes, ainsi qu’employés et consommateurs — de la détermination de la production et de la consommation.

Note

a. Épître de Paul aux Romains (13:1). NdT.

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

16 Réponses à “L’illusion de l’intervention gouvernementale”

  1. J'ai tombé sur votre site en lisant rapidement ce que vous aviez écrit sur le blog de monsieur St-Gelais concernant le libertarianisme. Ça m’a paru un débat tout de même constructif. J’ai lu le texte de M. von Mises, j’en ai lu d’autres d’ailleurs, et, à la fin, je n’arrive jamais à être convaincu.

    Personnellement, je milite pour le PLQ. Ce qui veut dire que fondamentalement, je crois en l’État et son rôle central pour un pays. Je n’arrive pas à m’imaginer qu’est-ce que ça donnerait réellement, si on réduisait au minimum cet acteur. Par exemple, un pont, qui n’appartient pu au domaine public, mais au privé. Le pont a cinquante ans et est épuisé à l’os. Si les propriétaires du pont ne veulent pas le rénover pour des raisons d’argent, ça peut nous amener à toute une cata. C’est un exemple comme ça.

    Mais, non, je ne suis pas convaincu.

  2. @CULbécois:

    Je ne prétend pas avoir les réponses à tous les cas spécifiques. Je ne suis pas un économiste. Mais un pont géré par une entreprise privée impliquerait que cette entreprise doit générer un profit quelconque. La méthode de revenu la plus plausible serait des postes de péage, mais en réalité la méthode a peu d'importance. Si cette compagnie veut continuer de générer des profits, le pont doit être utilisable et sécuritaire.

    Ensuite, même si on fonctionne avec un gouvernement minarchiste, la fonction primaire de ce gouvernement demeure la sécurité du public et la protection de la propriété. Ce qui implique que même si le gouvernement de gère pas le pont directement, il peut quand même s'assurer qu'il est sécuritaire.

    Ensuite, si on se base sur l'état actuel des ponts et viaducs et routes au Québec, je vois difficilement comment ça pourrait être pire si c'était géré au privé.

    L'idée derrière le libertarianisme n'est pas de tout retourner à l'envers, mais surtout de penser en dehors de la boite et d'imaginer des façon de faire qui ne necessitent pas l'intervention du gouvernement.

    Notre problème avec le système actuel, est que le gouvernement agit un peu partout pour le bien public, mais il est aussi le seul juge de ce qu'est le bien public. Les individus n'ont plus la voix au chapitre.

  3.  
    D’accord. J’imagine que tout le processus électoral et démocratique avec les partis politiques serait toujours de la mise même dans un état qui se dit libertarien.
    Si c’est le cas, y’a-t-il un regroupement de gens appuyant cette idéologie et qui seraient prêts à se présenter en politique ?
    Parce que si c’est également le cas, je reviens aux dires de M. von Dises :
    « Le principal problème politique de toutes les époques fut et est le suivant : comme éviter que les dirigeants ne se transforment en despotes et ne créent un État totalitaire. »
     
    Si cette remarque est vraie, ça voudrait donc dire que même un groupe de députés libertariens pourrait tomber dans ce piège qu’est le despotisme. J’imagine que les bonnes valeurs se perdent au fur et à mesure que nous manipulons le pouvoir..

  4. @CULbécois:

    Touché!

    Même un parti politique libertarien ne serait pas à l’abri de la tentation. Mais puisque la philosophie libertarienne vise une réduction de l’état, le plus gros risque est de ne pas y parvenir.

    Personnellement, j’aimerais bien qu’il y ait un parti libertarien. Présentement le parti politique le plus près de cette idéologie est le Parti Conservateur au Fédéral.

  5. @culbéquois,

    Le parti libéral n'a de libéral que le nom. En fait, il s'agit d'un parti de socialistes modérés comme le décrit l'article.

    Mais des fois, je suis aussi comme vous, je peux approuver certaines actions gouvernementales coercitives bien que cela puisse paraitre à prime à bord paradoxal.

    Prenez par exemple, le cas de la cigarette, je ne sais pas si vous êtes fumeur, mais quel bonheur de ne plus avoir à choisir entre la section fumeur qui sentait la cigarette et la section non-fumeur qui sentait juste un peu moins la cigarette. Arthur comparait d'ailleurs cela à une piscine où il y aurait une section pisseur et une section non-pisseur. 

    Dans ce cas-ci, j'avoue que l'intevention gouvernementale fut salutaire pour la santé publique mais cela ne demeure que mon avis que plusieurs autres partagent. Il est dommage qu'on en soit obligé à en venir là pour réaliser ce qui m'apparaissait seulement comme le gros bon sens.

    Quant à dire que les fumeurs n'ont plus le droit d'être ailleurs que dehors en ce qui a trait aux édifices publics je ne serais pas prêt à dire cela. Encore là, tout comme dans l'article le gouvernement devrait réintervenir pour donner un certain nombre de licenses par ville avec des buildings gouvernementaux gérés en PPP qui serviraient de gigantesques fumoirs intérieurs pour la population civile qui désire aller fumer en dedans.

    Bizarre parfois ce que peut donner les interventions gouvernementales, c'est comme un chauffeur qui chauffe en zig-zag, un coup de volant à gauche, un autre à droite pour réussir à se maintenir en ligne droite.

  6. Attends Philippe que les interventionnistes adéquistes giratoires se mêlent au débat.

    Je crois que ce n’est plus communisme qui oppose le plus le libertarisme, on parlera bientôt de l’adéquisme comme d’une philosophie aux antipodes du libertarisme.

    Dire que ce parti était supposé dégraisser l’état…ça me fait penser aux républicains de Bush qui ont agravé le déficit de plusieurs centaines de milliards de dollars.

    Bref, le libertarisme n’est pas une philosophie creuse permettant d’acheter des votes comme le voudrait l’ADQ mais bien une philosophie agouvernementale, donc qui peut se prétendre politicien et libertarien à la fois premièrement…

  7. @Tym Machine:

    L'ADQ aurait pu récolter le vote libertarien, mais ils sont trop incohérents. Tous les libertariens qui avaient une carte de membre l'ont déchirée.

  8. Messieurs Tym et Philippe, Bonsoir

    Je tiens à préciser que j’appuie un parti qui est imparfait, qui a son lot d’erreurs à corriger et avance certaines mesures qui ne sont pas les meilleures.

    Le Québec est une société occidentale, tout comme la Belgique, l’Espagne et toutes les autres. Chaque société occidentale a son lot de clivages sociaux et de grandes asymétries entre les citoyens. Personnellement, je n’aurais pas de misère à vivre dans un état pro-libertarien. Mais je ne dirais pas la même chose pour mes deux voisins …

    Prenons la gestion de la Caisse de dépôt et de placements. Si on met ça dans les mains du privé, rien n’empêchera l’application d’un second Norbourg avec un coefficient de 1000. Même chose pour l’éducation ; l’école privée serait si valorisée que systématiquement, les sortants de ces écoles auraient les plus belles opportunités professionnelles. Encore là, si on croit à l’égalité des chances, faudra faire des exceptions pour que l’état finance à nouveau le système public d’éducation. On peut parler de la possible américanisation du système de santé. Dans ce cas, l’égalité des chances ne serait pas au rendez-vous non plus. Ici encore, faudra faire des exceptions pour que des fonds publics financent minimalement le système de santé public. Je pourrais parler des types de chômage à supporter, des zones à protéger de certaines industries, de la gestion de l’énergie vs. les coûts, assurance automobile, etc.

    Quand j’ai intervenu la première fois sur ce billet, j’ai donné l’exemple d’un pont qui passerait du public au privé et qui serait à rénover mais ses propriétaires y seraient réfractaires. Monsieur Philippe m’a répondu en « concédant » le fait qu’un expert du gouvernement en matière de ponts (ingénieur) aurait à analyser le pont et à imposer aux propriétaires, question de sécurité, sa réparation. Alors, dans les faits, serions-nous plus avancés que dans notre état actuel ?

    Dû à la complexité de notre société et à ses fameux clivages, il y a des structures gouvernementales qui sont devenues avec le temps, je crois, cruciales. Ce qui amènerait un parti libertarien à faire multiples concessions avec sa vision idéale des choses. On dira de ce parti, en bout de ligne, qui est juste un peu plus à droite que le PLQ.

    ——

    *En passant, mon blog a été détruit (pour des raisons familiales, question de bien jouer mon rôle de chef de famille). Alors, temporairement, je vais errer sur le cyberespace comme un esprit en plein voyage astral. A+ Messieurs

     

  9. En plus d’être incohérents, il y a une certaine frange de l’électorat adéquiste qui me semble devenir très baveuse, arrogante, auto-suffisante et fermée d’esprit.

    Est-ce la frustration d’être à du 14% parce qu’à ce rythme, ça pourrait être pire encore.

    La conclusion que j’en ai tiré, c’est que l’ADQ n’utilise que les idées libertarienne dans une optique purement électoraliste par exemple, je suis convaincu que c’est exactement ce qu’ils ont fait avec les commissions scolaires, ils avaient promis de les abolir s’ils étaient portés au pouvoir mais une fois au pouvoir, je suis convaincu que rien n’aurait changé.

    C’est cela le principal problème en politique: l’opportunisme politique, on dit ce que les gens veulent bien entendre et après, on se fout du reste une fois élu.

    En ce sens, Stephen Harper a surpris bien des gens car il a dit ce qu’il allait faire et il l’a fait même dans les gestes les plus simples. Je ne dis pas qu’il faut lui donner le bon Dieu sans confession pour cela sauf que cela mérite d’être souligné comme un fait rarissime en politique canadienne (et ç’aurait été encore plus rare si ça avait été un politicien québecois).

  10. Ouin esprit du culbéquois,

    C'est une déception totale de ma part (contrairement à anti-pollution).

    Je suis un peu sidéré de tout cela cependant il est vrai que la gestion d'un blog est totalement time consuming.

    Et ça peut être aussi très addictive.

    Et financièrement, il n'y a rien à gagner.

    Et sur les opinions, bah, si c'est pour se faire haïr…

    Pourtant des hommes et des femmes de courage et de conviction s'y risqueront toujours comme s'il étaient investis d'une mission quasi-divine.

    Un blog, ça me fait penser à un tamagochi ou à une plante, si on ne la nourrit pas pendant 3-4 jours, elle fanne et meurt et en 7-8 jours, tout est oublié.

  11. Bien… désolé de vous avoir déçu
    ——
    L’Esprit erre … mais comme tout voyage astral de longue durée, je trouverai « un corps » où je pourrai loger en paix, mon essence spirituelle.
    L’Esprit

  12. @L’Esprit du CULbécois:

    Prenons la gestion de la Caisse de dépôt et de placements. Si on met ça dans les mains du privé, rien n’empêchera l’application d’un second Norbourg avec un coefficient de 1000.

    En supposant que la caisse de dépôt et placement existe dans un régime libertarien (rien n'est moins sûr), il y aurait encore des lois pour prévenir la fraude et un système de justice pour régler les différents. Un gouvernement libertarien sera quand même responsable d'administrer la justice, ce qui fait que des cas comme Norbourg ne se produiraient pas plus qu'ils ne se produisent maintenant, et les Vincent Lacroix connaitraient le même sort.

    Quand j’ai intervenu la première fois sur ce billet, j’ai donné l’exemple d’un pont qui passerait du public au privé et qui serait à rénover mais ses propriétaires y seraient réfractaires. Monsieur Philippe m’a répondu en « concédant » le fait qu’un expert du gouvernement en matière de ponts (ingénieur) aurait à analyser le pont et à imposer aux propriétaires, question de sécurité, sa réparation. Alors, dans les faits, serions-nous plus avancés que dans notre état actuel ?

    Il est évident qu'un gouvernement libertarien s'occuperait de la sécurité de ses citoyens. Donc l'appareil de justice pourrait s'occuper de tout propriétaire réfractaire. La différence est que l'entretien dudit pont se ferait probablement aux frais des utilisateurs plutôt qu'aux frais du contribuable. Par ailleurs, qu'est-ce qui te fait penser qu'un fonctionnaire du gouvernement va faire une meilleur job qu'un entrepreneur qui poursuit son propre intérêt? Au contraire, l'histoire a prouvé que les gouvernements sont passablement inefficaces.

    Ceci dit, j'espère que vous continuerez de visiter ce blogue de temps à autre. J'apprécie votre franchise.

  13. Soit dit en passant, je vous donne 4 mots pour exprimer pourquoi l'exemple du pont comme argument pro-étatiste est mal choisi: «viaduc de la Concorde».

  14. Mon parti à investi 33 milliards de $ pour 10 ans dans le système routier, ponts et viaducs. Ici on parle plutôt de la responsabilité gouvernementale qui n'a pas été prise en charge lorsque Bernard Landry et ses hommes étaient au pouvoir.

    Aux États-Unis, où le privé possède les routes, il arrive assez souvent que des anecdotes comme celle de Laval se produisent.  Mais vous parlez de la Concorde, je suis en mesure de vous dire que les premiers responsables de cette tragédie sont les responsables municipaux en matière de transport. On ne peut pas accuser un gouvernement de toute une province pour une telle tragédie (ptit clin d'oeil à Mario Dumont).

     

     

    L'Esprit

     

     

  15. @L’Esprit du CULbécois:

    Mon parti à investi 33 milliards de $ pour 10 ans dans le système routier, ponts et viaducs. Ici on parle plutôt de la responsabilité gouvernementale qui n’a pas été prise en charge lorsque Bernard Landry et ses hommes étaient au pouvoir.
    Aux États-Unis, où le privé possède les routes, il arrive assez souvent que des anecdotes comme celle de Laval se produisent. Mais vous parlez de la Concorde, je suis en mesure de vous dire que les premiers responsables de cette tragédie sont les responsables municipaux en matière de transport. On ne peut pas accuser un gouvernement de toute une province pour une telle tragédie (ptit clin d’oeil à Mario Dumont).

    Je n'accuse personne. Ce que je pointe du doigt est qu'un fonctionnaire du gouvernement (peu importe le palier) ne fait pas mieux qu'un entrepreneur privé et que généralement ils sont pires. Les élus vont et viennent, les fonctionnaires restent les mêmes. la bureaucratie est ce qui paralyse la plupart des gouvernements.

    C'est donc un très mauvais argument d'affirmer qu'un pont ne serait pas aussi bien géré par le privé que par des fonctionnaires. Les fonctionnaires n'ont jamais eu aucun intérêt à faire le travail adéquatement.

  16. [...] et par l’excellent travail de Philippe de Réalité Virtuelle qui nous livre depuis peu une série de textes et documents visant à exposer les fondements de la pensée libertarienne. Le plus récent étant [...]