Culture de mendicité?
Une petite chronique qui démontre assez bien l’importance de la liberté économique dans la prospérité d’une région, ou un continent:
Une culture de mendicité
Nathalie Elgrably
On apprenait mardi que les pays du G-8, dont fait partie le Canada, ont confirmé leur promesse d’aider l’Afrique et qu’ils débloqueront 60 milliards de dollars d’ici à 5 ans.
On ne peut rester indifférent face à la pauvreté extrême qui afflige l’Afrique, et il est de notre devoir d’agir. Mais si elle permet de satisfaire des besoins immédiats, l’aide financière constitue-t-elle la meilleure solution à long terme ?
En 50 ans, les pays riches ont versé 830 milliards à l’Afrique. C’est la partie du monde qui reçoit le plus d’aide internationale. Malgré tout, elle reste la plus pauvre de la planète, en dépit de son potentiel économique énorme, de ses réserves de pétrole importantes et de ses ressources minières.
Non seulement l’aide internationale n’a-t-elle pas été efficace, mais encore la plupart des pays d’Afrique subsaharienne se sont appauvris au cours des dernières décennies à un rythme moyen de 0,6 % par an.
Si l’Afrique stagne dans la misère, ce n’est pas en raison du manque de générosité de l’Ouest, mais parce qu’à peine 20 % de l’aide internationale parvient réellement aux populations démunies. L’essentiel de l’aide sert à acheter des armes ou est détourné par des dirigeants corrompus. Quant aux sommes qui restent dans le pays, elles contribuent au favoritisme, alimentent la corruption et engendrent une gouvernance malsaine.
Plutôt que de miser sur la pitié des pays riches, ceux qui veulent aider l’Afrique devraient s’inspirer de l’expérience des pays de l’Asie de l’Est. En 1960, ils étaient aussi pauvres, sinon plus, que ceux d’Afrique subsaharienne. Mais ils ont réalisé de véritables miracles économiques et sont aujourd’hui prospères. Singapour a vu son niveau de vie augmenter de 1 048 % entre 1960 et 2005, alors que celui de la Côte d’Ivoire ne s’est amélioré que de 2 % et que celui du Zimbabwe a régressé de 9 %. Pourquoi l’Asie a-t-elle réussi là où l’Afrique a échoué ?
C’est que l’Asie a compris l’importance de faire du commerce et d’encourager le travail et l’esprit d’entreprise. Elle a ouvert ses marchés, facilité les exportations, maintenu des tarifs minimes sur les importations, éliminé les quotas et combattu la corruption. Ce faisant, elle a créé un contexte économique favorable à l’entreprise privée, à l’investissement et aux échanges commerciaux, autant de facteurs indispensables à l’enrichissement d’une société.
LA RÉGION LA PLUS PROTECTIONNISTE
Pendant ce temps, l’Afrique a emprunté le chemin contraire. Elle est devenue la région la plus protectionniste de la planète et s’est enlisée dans l’oppression politique, le dirigisme économique, la bureaucratie, la corruption, l’absence de la primauté du droit et le mépris des libertés individuelles. Dans un tel contexte, aucun enrichissement ne sera jamais possible. Et le fait de doubler l’aide internationale n’y changera rien.
Les pays riches ont néanmoins un rôle important à jouer. S’ils étaient sincères dans leur lutte contre la pauvreté, ils aboliraient les tarifs douaniers et ouvriraient leurs frontières aux denrées agricoles africaines. Au lieu de cela, ils se contentent de s’acheter une bonne conscience en envoyant de l’argent.
Il est noble de vouloir aider l’Afrique. Mais elle seule possède le pouvoir de se sortir du bourbier dans lequel elle est. Au lieu d’entretenir une culture de mendicité, l’Afrique devrait réformer ses institutions, s’intégrer à l’économie mondiale et abattre les obstacles à l’entrepreneuriat. Un proverbe africain dit qu’on ne peut aider un boeuf à se relever que s’il s’efforce lui-même de le faire. Des paroles sages dont les dirigeants africains devraient s’inspirer !
Le Québec n’est certainement pas l’Afrique, mais il s’y trouve quand même un argument pour une plus grande liberté économique ici.











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Ce n’est pas politiquement correct d’évoquer l’idée mais est-ce que la race n’aurait pas à voir avec le succès potentiel économique d’un peuple.
Sinon j’aimerais bien qu’on m’identifie une nation africaine qui a connu un bon succès économique ormi l’Afrique du Sud?
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Je n’aime jamais vraiment quand une économiste de l’Institut économique de Montréal prétend avoir de la compassion pour l’Afrique. Je dois toutefois admettre qu’elle a raison sur une des causes. Le problème est d’abord politique. Il est certain que d’avoir les fonds de l’aide internationale détournés pour des combats militaires impliquant des civils n’aide en rien, la corruption est aussi quelque chose à laquelle il faudrait s’attaquer. Je suis d’accord avec elle pour le fait que les pays riches sont trop protectionnistes - on (mais je pense surtout aux USA) devrait cesser de subventionner les produits agricoles à tour de bras - on réglerait deux problèmes en même temps – l’Afrique doit pouvoir avoir une agriculture capable de nourrir sa population et pouvoir exporter des denrées agricoles sans subir les obstacles douaniers.
En même temps, elle passe sous silence le fait qu’une grande partie de l’Afrique à l’exception de quelques uns (Sénégal me vient en tête pour avoir séjourné là-bas) sont affectés par le SIDA, une véritable épidémie qui enlève de la population active quand on y pense. Malgré que l’Afrique connait des taux de naissance parmi les plus élevés dans le monde, ça sert à quoi si les parents meurent et que les enfants doivent quitter l’école en quête de survie, tandis que les rares gens âgés ne sont plus aptes à travailler. L’Asie a une abondance de main d’oeuvre, de population active qui ne cherche qu’à travailler. C’est un monde de différence entre les deux.
Un autre problème, c’est qu’il y a justement trop d’enfants. Comment s’enrichir et donner une éducation si on a toujours plus d’enfants sans avoir les moyens de les soutenir ou si on meurt avant. Je dis que la démographie et son contrôle a un rôle important à jouer – malheureusement la polygamie et j’accuse en partie l’Islam radical de miner ces efforts en prônant justement le fait d’avoir le plus de descendants possibles. Faut arrêter ces histoires dans un continent au deux tiers désertique.
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@Leonard Langlois:
Contrairement à la croyance populaire, être économiste à l’IEDM ne veut pas nécessairement dire qu’on est dénué de compassion. La différence entre l’approche d’économistes de droite, comme Nathalie Elgrably, et celle de gauche, ce ce qui a trait à l’élimination de la pauvreté; est que la droite mise sur le développement économique plutôt que l’aide humanitaire. Ça va selon le dicton que de donner un poisson à un homme et tu le nourriras pour un jour. Apprend-lui à pêcher, et il se nourrira toute une vie.
L’aide humanitaire n’a jamais été qu’un band aid. Pour que l’Afrique s’en sorte, il faudra qu’un jour les africains se prennent en main et cessent de se comporter en victimes. Ils devront se débarasser de la corruption dans leurs gouvernements et libéraliser leur économie. En attendant, ce que Nathalie Elgrably suggère est exactement ce que les pays du G8 devraient faire: ouvrir leurs marchés unilatéralement aux producteurs africains.
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