La légende urbaine des riches qui ne paient pas d’impôt
Trois chroniques récentes dans La Presse ont retenu mon attention aujourd’hui. Deux de Michel Girard (ici et ici ) et une de Alain Dubuc (ici). Ce sont trois chroniques qui fracassent cette légende urbaine qui prévaut chez certains que les riches ne paient pas suffisamment d’impôt et comment il est utile d’avoir ces riches dans notre société. Il ressort de ces chroniques que les 2,9% des québécois qui gagnent plus de $100 000/an ont empoché pour 16,5% des revenus mais ont payé pour 28,9% des impôts. Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est quand on compare avec les deux provinces les plus riches, l’Ontario et l’Alberta. En Ontario, les riches forment 4,9% des contribuables, gagnent 26,2% des revenus et paient 43% des impôts alors que les riches albertains forment 6,8% des contribuables, gagnent rien de moins que 34,3% des revenus et paient pour 49,7% des impôts. Il faut retenir ici que l’Ontario et l’Alberta ont tous deux des régimes fiscaux moins « progressistes » que le Québec. L’Alberta en fait, a un impôt à taux unique et pourtant, ce sont les mieux nantis qui paient près de la moitié des impôts. Pourquoi?
Des trois chroniques, je tire ces quelques points:
- Les riches québécois gagnent moins que les riches ontariens et albertains tout en payant proportionnellement plus d’impôt.
- La progressivité du régime fiscal, lorsque poussée trop loin, prive l’état de revenus.
- La pauvreté relative du Québec (moins de riches comparé à l’Ontario et l’Alberta) déplace une bonne partie du fardeau fiscal sur sa classe moyenne.
- Même dans un régime fiscal moins progressif, ou pas progressif du tout dans le cas de l’Alberta, le gros du fardeau fiscal est quand même épaulé par les plus riches.
Pourtant, aucun des deux journalistes ne semble tirer une conclusion qui me semble pourtant évidente. Est-il possible que la raison que nous avons moins de riches et que ceux-ci gagnent moins vient du fait que notre régime fiscal est trop oppressif pour cette classe de contribuables et qu’il empêche aussi que ceux qui se retrouve dans la catégorie entre $50 000 et $99 000 de rejoindre le rang des riches en pénalisant l’effort et l’épargne? Et ce faisant, ne nous tirons-nous pas dans le pied en mettant plus de pression sur les moins bien nantis?
Un extrait d’une des chroniques:
Les Québécois qui gagnent de 30 000$ à 49 999$ ont payé au Québec 24,2% de tous les impôts provincial et fédéral, comparativement à seulement 13,2% de l’impôt total pour les Albertains de la même tranche de revenu, à 15,6% pour les Ontariens et à 18,5% pour la moyenne canadienne.
À quoi servent les riches? À alléger le fardeau des pauvres, mais encore faut-il laisser les riches le devenir.









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Et ou tu te classes la dedans? Classe moyenne? Classe des riches?
Juste pour la perspective…
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Question qui est éminemment pertinente. Notre revenu famillial nous place dans la classe moyenne.
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