Au nom de mon père
Pierre-Paul David (1937-2008)
Ceci est un petit peu plus de nature personnelle, comparativement à mes écrits habituels. C’est l’ordre naturel des choses dans la vie. Nous sommes tous conscients que nos parents ne sont pas immortels et qu’un jour, ils vont partir. Nous n’y pensons jamais vraiment jusqu’au moment où cette réalité nous frappe de plein fouet.
Mon père a toujours été un homme distant. Il ne parlait pas souvent de ses sentiments, ils les gardait à l’intérieur. Ma relation avec mon père a toujours été difficile car je n’ai jamais réussi à percer sa carapace, et aussi parce que je suis un peu comme lui. Nous avons eu beaucoup de hauts et de bas, lui et moi. Nous avons passé à travers joies et peines. Malgré le fait qu’il était incapable de nous dire ce qu’il ressentait et de se partager avec nous, il nous a toujours aidé du mieux qu’il pouvait, même si quelque fois, ça pouvait ne pas nous sembler assez. Il a toujours été là pour me relever quand je tombais. Comme bien d’autres, j’en suis sûr, je le prenais un peu pour acquis. Depuis hier matin, il n’est plus.
Combien j’aurais aimé avoir été plus près de de lui, mais il savait que je l’aimais. Il est parti en douce, pendant son sommeil, juste avant que sa conjointe arrive à son chevet. Nous avions veillé avec lui tous les jour depuis qu’il avait été hospitalisé. Il nous avait caché son état jusqu’à ce soit inévitable. Il ne voulait pas être un fardeau. Je regrette de ne pas avoir été là à la fin, je crois qu’il voulait être seul. Mais je suis heureux d’avoir passé du temps avec lui alors qu’il était encore conscient. Je l’ai aidé à prendre son dernier repas. Je suis reconnaissant envers le personnel de l’unité de soins palliatifs de l’Hôpital du Sacré-Coeur. Ils ont tout fait pour le rendre confortable et pour que son passage se fasse en douceur. Leur indulgence envers les patients et leur famille est exemplaire. Un grand merci à chacun d’entre eux.
J’ai mis beaucoup de temps à trouver ma propre voie. Je crois que ça compte pour un bon nombre des cheveux gris de mon père. Alors que je cafouillais dans la vie, je sais qu’il s’en est beaucoup soucié. Je l’ai reçu dans ma nouvelle maison à la fête des pères. C’était la première fois qu’il visitait ma maison. Suite à sa visite, il m’a envoyé un courriel qui disait simplement: « Tu sembles avoir les choses bien en main. » Un peu plus tard, je suis allé le visiter avec ma petite, et je n’oublierai jamais son visage lorsqu’il l’a vue la première fois. J’ai toujours voulu rendre mon père fier. Maintenant, je sais qu’il l’a toujours été.
J’ai eu le temps de lui dire que je l’aimais avant qu’il ne nous quitte, mais je regrette de ne pas lui avoir dit plus souvent. Si le vôtre est toujours avec vous, appelez-le pour lui dire…
I wasn’t there that morning,
When my father passed away.
I didn’t get to tell him,
All the things I had to say.
I think I caught his spirit,
Later that same year,
I think I heard it echo,
In my baby’s newborn tears.
I just wish I could have told him in the living years.
- Mike and the mechanics – The living years













Mes condoléances mon cher…
Salut Phil,
Beau texte!
J'espère que tu te portes bien…
A+
JF
Mes condoléances Philippe,
Je connais ce sentiment. J’ai perdu mon père en 2002. C’était très éprouvant.
Moi aussi, les relations n’étaient pas évidentes avec mon paternel. Un homme distant lui aussi, qui ne montrait pas ses émotions. Mais malgré cela, il m’appuyait toujours lorsque j’étais vraiment dans le trouble.
Je l’ai vu sur son lit de mort durant une semaine à l’hôpital lorsque la morphine coulait dans ses veines. Il n’était que l’ombre de lui-même. Malgré tout, avant de mourir, à demi-inconscient, il me serra la main et me dit « Jimmy ». Je savais que cela voulait dire « je t’aime ».
Ouf! J’ai les larmes aux yeux juste à y penser.
Le plus dure, c’est qu’il n’a jamais vu son petit-fils. Il aurait été tellement heureux. En tous cas…
Garde le moral Philippe.
A+
Salut Phil,
Juste un petit mot, pour t’offrir mes sympathie.
Prends soins de toi et de ta p’tite famille.
A+
Corinne
Salut Philippe.
Je connais ces sentiments moi aussi pour avoir perdu ma mère l'an passé, à quelques jours de ma fête, qui plus est.
Je t'offre toutes mes sympathies et bon courage pour passé à travers cette épreuve.
Merci à tous et à toutes pour vos voeux de sympathie. C’est très apprécié.
@ JF – J’espère que tu vas bien aussi.
Ce fût le texte le plus difficile que j’ai jamais eu à écrire. Je n’ai pas honte de dire que j’ai fait usage d’un bon nombre de mouchoirs en l’écrivant. Mais je devais le faire. C’est une thérapie pour moi. Il faut que ça sorte.
Aujourd’hui nous faisons nos derniers adieux (détails ici). Il ne voulait pas être exposé ou avoir de funérailles. Nous acceptons donc les condoléance en son absence au salon funéraire.