Le mea culpa de son Éminence

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En visitant le blogue de Renart L’éveillé, j’ai vu que Radio Canada sollicitait des commentaires sur la lettre ouverte de Mgr. Ouellet dans son Agora. Dans son billet, Renart nous livre le commentaire qu’il y a laissé, que j’ai lu avec intérêt. Je vous invite à faire de même.

J’ai également décidé de l’imiter. Voici donc ma réponse à la question « Que pensez-vous des excuses présentées par le cardinal Marc Ouellet aux Québécois pour certaines erreurs passées de l’Église? »

Le mea culpa de son éminence, quoique sûrement sincère, ne change malheureusement rien. C’est probablement dans la nature de Mgr Ouellet de faire confession et de s’attendre à ce qu’on lui donne l’absolution après une pénitence. La question est à quand la pénitence?

C’est bien beau que Mgr Ouellet demande pardon, mais il ne le fait que pour les torts causés avant 1960. Et ceux d’après alors? Car force m’est de reconnaitre que l’attitude de l’Église n’a que peu changé depuis, et avec Benoit XVI, elle semble vouloir régresser plutôt que progresser.

Tant que l’Église ne changera pas d’attitude envers le divorce, la contraception, l’homosexualité et l’égalité des sexes, il n’y a que peu de chance qu’elle reçoive l’absolution des québécois.

Sans vouloir m’étendre sur mon cheminement spirituel, une des raisons pour lesquelles je suis devenu athé, est qu’un jour j’ai réalisé que l’Église ne pratique pas ce qu’elle prêche.

A propos de l'auteur

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

14 Réponses à “Le mea culpa de son Éminence”

  1. Sans vouloir m’étendre sur mon cheminement spirituel, une des raisons pour lesquelles je suis devenu athé, est qu’un jour j’ai réalisé que l’Église ne pratique pas ce qu’elle prêche.

    Dans quel sens?

  2. @ Suzanne

    Très bonne question. La religion catholique prêche l'amour du prochain et la charité, malgré ça, ça n'empêchait pas la plupart des curés de tourner leur dos sur ma mère, une pratiquante dévote comme on en trouve rarement de nos jours, parce qu'elle était divorcée et remariée. L'attitude de l'Église envers la contraception condamne les habitants de certains pays sous-développés à se mourir du sida, plutôt que de leur permettre d'utiliser une condom. Sans parler de tous les prêtres pédophiles.

    Il est où l'amour du prochain là-dedans?

  3. On ne peut pas s'attendre à ce que tous les catholiques, y compris le clergé, pratiquent à 100% les principes moraux. Personne sur la planète suit ses principes tout le temps.

    Sans vouloir faire l'apologie de toutes les doctrines catholique, je dirais que la conception catholique de l'amour et différente de la conception laïque séculière. Et que les doctrines catholiques sont formulées en conséquence. Ainsi, on ne peut pas s'attendre à ce que l'Église agisse selon cette conception séculière, et que l'on accuse de ne pas pratiquer ce qu'elle prêche si elle ne le fait pas.

  4. Mais c'est votre conception de la chose. Et non pas celle de l'Église. Si l'Église avait ton interprétation des enseignements de Jésus, tu aurais raison. Mais ce n'est pas le cas.

    Jésus a été le défenseur des pécheurs, tout en exigeant qu'il arrête de pécher. Tout comme l'Église. Penser que Jésus approuverait des gestes homosexuels ou l'ordination des femmes, c'est projeter la pensée du 21e siècle sur un être du 1er siècle. Bien des gens recyclent Jésus pour leur cause ou leur façon de pensée. Selon les époques et les pays, Jésus était un communiste, un Nazi (pour les Nazis), un capitaliste, et ainsi de suite. Les gens de notre époque font pareils: ils projeter leur façon de penser en interprétant les mots de Jésus.

    Comme juif du 1er siècle, même un juif qui contestait certaines idées de l'époque, il est fort douteux qu'il approuverait de prises de position de notre société en matière sexuelle et familiale. En fait, ses prises de position était assez conservatrices: il a dénoncé le divorce et la cohabitation; il a dit à la femme adultère de ne plus pécher. Il a maintenu une place priviliégé pour le célibat. Même pour son temps, dans certains domaines, il était assez conservateur dans un milieu conservateur pour l'époque.

    La notion de l'amour du Nouveau Testament et celle de notre temps sont très différentes.

  5. Sans vouloir faire l’apologie de toutes les doctrines catholique, je dirais que la conception catholique de l’amour et différente de la conception laïque séculière. Et que les doctrines catholiques sont formulées en conséquence. Ainsi, on ne peut pas s’attendre à ce que l’Église agisse selon cette conception séculière, et que l’on accuse de ne pas pratiquer ce qu’elle prêche si elle ne le fait pas.

    Le problème est que je ne crois pas que Jésus de Nazareth faisait vraiment de distinction entre la conception catholique et la conception séculière de l’amour. N’a-t-il pas justement toujours été le défenseur des persécutés, des femmes adultères et des pécheurs?

  6. L'institution est défecteuse, pas la foi et ce qu'elle que soit sa provenance ou son chemninement. Les dogmes sont bons, le problème c'est les cadres moraux et physiques que l'église tente d'en faire.

  7. Jésus n'était pas "anti-establishment" à dans le sens qu'on pense. Il critiquait les pharisiens, mais il a toujours soutenu leur autorité. Il a dit au peuple de suivre leurs enseignements, mais pas nécessairement leur exemple. Jésus a remis en question des traditions humaines, mais il n'a jamais remis en question l'origine divine de la loi. Il a toujours encouragé l'obéissance envers elle. Même, il y a beaucoup d'épisodes dans le Nouveau Testament où Jésus donne des pouvoirs à ses apôtres, par exemple, le pouvoir d'excommunier.

    Je ne veux pas vous convaincre de la foi catholique, parce que je ne veux pas entrer dans une discussion trop complexe. D'ailleurs, si ça t'interesse, il y a des sites web pour ça. Mais je vais dire que la fidelité à la structure originelle de l'Église n'est pas à l'origine du manque de fidèles et de prêtres. Il y a beaucoup de raisons, mais la principale est que le clergé et les élites de l'Église n'insiste pas sur les enseignements et l'orthodoxie. Pense aux cours de religion catholique à l'école. Ils laissaient beaucoup à désirer. On apprenait des platitudes et très peu sur les véritables fondements de la doctrine et de la tradition intellectuelle. Deux générations de catholiques ont eu ses cours, enseignés par des non-pratiquants et parfois des non-croyants. On apprenait des platitudes "pastorales" genre "Jésus est notre ami" ou de la morale un peu naïve. C'est clair que si les gens ne sont pas enseignés pourquoi le catholicisme est la véritable religion, c'est certain que les gens vont le délaisser– si personne le croit, personne le prend au sérieux, personne l'enseignement correctement– c'est certain que les gens ne suivront pas!Si on ne donne pas des bonnes raisons à croire, les gens vont regarder ailleurs. Le clergé savait ben ce qui se passait, mais ils avaient peur de déplaire aux gens, donc ils n'ont rien fait. C'est aussi simple que ça.

    Les diocèses en Amérique où on insiste sur l'orthodoxie ont des séminaires pleines et beaucoup de conversions. Les Anglicans connaissent en ce moment des crises justement parce qu'ils ne savent pas sur quel pied danser, et leurs vocations sont en baisse, malgré l'acceptation de gens mariés et des femmes. Les Anglicans sont en déclin parce que lorsqu'on essaie d'être trop mondain, de s'accorder trop avec le monde, on ne donne plus une raison aux gens d'être fidèle. On peut être gauchiste, solidaire, humaniste, etc sans se lèver le dimanche pour aller à l'Église. Il faut une raison plus surnaturelle pour rendre l'Église plus pertinent. Plus on élimine l'aspect surnaturel de la foi, plus on rend la foi impertinent.

    En somme, ce que l'Église québécoise manque, c'est la confiance en ses propres doctrines et sa propre tradition intellectuelle. Il y a trop de dissidents dans l'Église en ce moment pour lancer un renouveau. Personne fait rien pour les écarter. On répète les mêmes erreurs du passé.

  8. Mais c’est votre conception de la chose. Et non pas celle de l’Église. Si l’Église avait ton interprétation des enseignements de Jésus, tu aurais raison. Mais ce n’est pas le cas.

    C’est là le problème, la conception de l’Église a peu changé depuis sa création. Elle fonctionne encore avec la mentalité du 1er siècle et refuse d’évoluer pour rejoindre ses fidèles. Résultat: des églises vides et aucune relève pour la prêtrise. L’Église Anglicane a saisi ce message et se porte beaucoup mieux.

    Comme juif du 1er siècle, même un juif qui contestait certaines idées de l’époque, il est fort douteux qu’il approuverait de prises de position de notre société en matière sexuelle et familiale. En fait, ses prises de position était assez conservatrices: il a dénoncé le divorce et la cohabitation; il a dit à la femme adultère de ne plus pécher. Il a maintenu une place priviliégé pour le célibat. Même pour son temps, dans certains domaines, il était assez conservateur dans un milieu conservateur pour l’époque.

    Jésus était très anti-establishment à l’époque, qui sait s’il revenait de nos jours, s’il ne serait pas le premier à traiter le pape de sépulcre blanchi.

  9. Câline, j’aurais dû répondre sur mon propre blogue. Désolée.

  10. @ Suzanne

    Il est évident que vous êtes croyante et je le respecte, cependant, vous l’avez deviné, vous ne porriez probablement pas arriver à me convaincre. Malgré tout, j’aime bien en discuter quand même.

    Jésus était anti-establishment dans le sens qu’il dénonçait la corruption et l’hypocrisie du clergé de l’époque, tout comme je crois qu’il ferait de même avec le clergé catholique. Incidemment, j’ai reçu mon éducation religieuse des frères de Ste-Croix qui m’ont fait éplucher la Bible (Bible de Jérusalem, édition 1973, à cette époque) de long en large, de la Genèse aux Épitres. Je ne clame pas être un expert en théologie, mais je crois avoir une bonne base. Cependant, les agissement de l’Église m’ont désillusionné. J’ai déjà été croyant pendant mon enfance et mon adolescence. J’ai même eu la chance de faire la connaissance d’un merveilleux curé du nom d’Oswald Arès. Sur votre blogue, vous dites vous-même que l’Église est plate. Le père Arès la rendait vivante. Il prêchait de son coeur, mais il ne le faisait pas d’une façon orthodoxe. Les gens assistaient à ses services en grand nombre, mais il a failli être excommunié et a finalement été muté ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Il est probablement mort maintenant.

    Ma mère est une croyante aussi fervente que vous qui a eu le malheur de marier le mauvais homme. Mon père était un alcoolique qui la rendait malheureuse. Elle l’a divorcé après 13 ans de mariage. J’en ai été profondément marqué, mais j’en suis venu à en comprendre les raisons et j’ai pardonné à mes parents. Quatre ou cinq ans plus tard, ma mère a rencontré un homme formidable. Elle l’a marié et ils ont connu plus de 20 de bonheur, jusqu’à ce qu’il soit emporté par le cancer. Pendant tout ce temps, elle et son mari allaient à la messe régulièrement et ils participaient souvent à des activités paroissiales et se sont butés tout aussi régulièrement à l’intransigeance de l’Église face au divorce. Aurait-il fallu que ma mère reste dans son mariage malheureux pour faire plaisir à l’Église? Une Église qui est supposément fondée sur le pardon? L’Église a-t-elle vraiment les moyens de tourner le dos à des fidèles?

    Vous comprendrez donc pourquoi j’en suis venu à ne plus considérer Dieu comme étant pertinent dans ma vie.

    PS, vous devriez changer les paramètres de votre blogue pour permettre les gens qui n’ont pas de compte google de poster des commentaires. J’aurais pu y poster ma réplque, mais je n’ouvrirai pas un compte Google juste pour ça.

  11. Pfff…

    Moi qui essaie de plaider pour un rapprochement avec l'Église…

    Les cathos de la trempe de cette Dame en bleu ne me rendent vraiment pas la vie facile!

  12. Les cathos de la trempe de cette Dame en bleu ne me rendent vraiment pas la vie facile!

    En effet…

  13. Salut Philippe.. désolé de m'intorduire en plein milieu d'une discussion mais tu as écrit une Énormité que j'aimerais corriger, si tu me le permets ;)

    Tu écris : " L’attitude de l’Église envers la contraception condamne les habitants de certains pays sous-développés à se mourir du sida, plutôt que de leur permettre d’utiliser une condom. Sans parler de tous les prêtres pédophiles. Il est où l’amour du prochain là-dedans?"

    Non, ce n'est pas ce que l'Église enseigne Philipe.

    Le principe fondamental de la doctrine catholique est la présevation de la vie, c'est un principe encore plus fondamental que la liberté individuelle. Ce principe conduit naturellement à l'interdiction du condom (dans des conditions normales de vie dans un pays développé).

    Cependant, dans les cas où une femme est forcée de se prostituer (pour une raison ou pour une autre) et qu'elle risque ainsi une infection mortelle au VIH, alors l'Église reste logique avec elle-même et elle encourage et supporte l'utilisation du condom car il protège la vie. C'est le même principe qui s'applique en toute occasion.

  14. @ Arnold S.

    désolé de m'intorduire en plein milieu d'une discussion mais tu as écrit une Énormité que j'aimerais corriger, si tu me le permets ;)

    Les opinions de tous sont les bienvenues ;)

    Le principe fondamental de la doctrine catholique est la présevation de la vie, c'est un principe encore plus fondamental que la liberté individuelle. Ce principe conduit naturellement à l'interdiction du condom

    L'utilisation d'un condom, ou la contraception en général, ne s'opposeent pas à la préservation de la vie. On ne parle pas d'avortement ici. Par contre, si l'Église se souciait vraiment de la préservation de la vie, elle se soucierait de celles que le sida emporte à chaque année. Ce problème ne se limite pas seulement à la prostitution. Je ne peux que constater que le sida se propage justement dans les pays d'Afrique et d'Amérique Latine où le catholicisme est prédominant. Ce n'est pas par pur hasard. L'attitude de l'Église envers la contraceptions a aussi d'autres effets pervers, qui font que bien des pauvres ont trop de bouches à nourrir.

    Et ce n'est qu'une de mes nombreuses doléances…