Les pauvres américains

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Les partisans de la social-démocratie et de l’état-providence vous parleront souvent de « tiers-mondialisation » des États-Unis pour vous mettre en garde sur les méfaits du néoliberalisme et du non-interventionnisme de l’État en matière de filet social et de réduction de la pauvreté. Mais qu’en est-il vraiment de la pauvreté aux États-Unis? 

Selon le dernier recensement (2005), 12.6% des américains sont considérés comme pauvres. Mais qu’est-ce que c’est vraiment d’être pauvre aux É-U? Comment définir la pauvreté? Les statisticiens considèrent une personne pauvre si son revenu annuel est moins de 50% du salaire médian du pays, pondéré selon les régions et la situation familiale. Si on s’accroche à cette définition de la pauvreté; d’un, il est impossible de comparer cette condition d’un pays à un autre et de deux, il est impossible d’enrayer complètement ce genre de pauvreté. Tant qu’il y aura des riches, il y aura des plus pauvres. La pauvreté étant un état relatif.

Par contre, si nous mesurons la pauvreté selon la capacité à se pourvoir des nécessités de base (logement, nourriture et vêtements), il est plus facile d’établir des comparaisons et nous constatons que très peu d’états-uniens ne peuvent pas subvenir à leurs besoins primaires

Quelques statistiques sur la pauvreté aux É-U:

43% des foyers dits “pauvres” possèdent leur propre maison et jouissent d’un espace vivable plus grand qu’un foyer européen moyen.

80% des foyers pauvres ont l’air climatisé.

75% des pauvres possèdent une auto. 31% en possèdent deux ou plus.

97% des pauvres ont une télé couleur. Plus de la moitié en ont deux ou plus.

78% ont un magnétoscope ou un lecteur DVD et 62% ont la réception télé par cable ou par satellite.

89% ont un micro-ondes, plus de la moitié ont une chaine stéréo et plus d’un tiers ont un lave-vaisselle.

Si on compare la surface d’habitation des états-uniens pauvres comparé aux pays d’Europe, on reste surpris des résultats, comme le témoigne ce tableau:

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Nous constatons donc que les états-uniens  considérés comme pauvres disposent de plus grands logements qu’un européen moyen. De plus, très peu d’états-uniens souffrent de la faim. Au contraire, la grande majorité des pauvres aux États-Unis disent ne jamais manquer d’argent pour acheter de la nourriture et seulement 1.5% d’entre eux disent qu’assez fréquemment ils ne peuvent manger à leur faim. En fait, en ce qui a trait à la nourriture, les américains pauvres ou riches, n’ont qu’un gros défi: l’obésité.

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Dans la plus grande majorité des cas, les pauvres paient aussi toutes leurs factures mensuelles. Plus de 2/3 d’entre eux le font à chaque mois.

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Autre chose d’intéressant dans les statistiques du recensement est la nature transitoire de la pauvreté aux États-Unis. En effet, peu importe la définition qu’on a de la pauvreté, après un an un pauvre a entre 13 et 33% d’être encore dans la pauvreté, mais après deux ans, ses chances d’être sorti de la pauvreté sont de 80%.  En fait, l’immigration, qui compte pour la moitié de l’augmentation de population aux É-U, est le principal facteur du renouvellement de la pauvreté. Et avec un taux de chomage de seulement 4,6%, une fois les immigrants au travail, ils ont tôt fait de rejoindre la classe moyenne.

Et on parle de tiers-mondialisation aux É-U? C’est quoi ce délire? La moyenne des américains qui sont considérés comme pauvres ont un niveau de vie qui équivaut ou excède la classe moyenne de 95% de la planète.  Allez montrer ça à un éthiopien et parlez-lui de tiers-mondialisation pour voir ce qu’il vous dira, après avoir fini de se rouler par terre.

Est-ce que la société américaine est parfaite? Absolument pas! Il y aura probablement toujours des gens souffrant de maladies mentales, d’addiction à la drogue ou d’un manque de scolarisation qui seront dans la pauvreté et la misére. Mais s’il existe une inégalité entre les riches et les pauvres, il reste que cette société a toujours été fondée sur l’égalité d’opportunité et tous les américains savent qu’ils ont en leur pouvoir de changer leur situation. Pour la plupart, ils ne blâment pas le système, ils en profitent.

Le problème avec la gauche, c’est qu’en regardant le problème de la pauvreté, ils ne font que considérer la pauvreté relative et ils s’acharnent à vouloir combattre celle-ci. Mais puisqu’elle est relative, on peut la réduire un peut, mais à moins d’instituer un système communiste, où tout le monde est universellement pauvre, il y aura toujours un taux de pauvreté relative.  Par contre lorsqu’on considère en termes absolus, on réalise qu’il n’y a pas de problème de pauvreté aux É-U, donc il semblerait qu’ils doivent y faire quelque chose de bon…

Sources:

The Heritage Foundation: How Poor Are America’s Poor? Examining the « Plague » of Poverty in America -  Robert E. Rector

Wikipedia: Pauvreté aux États-Unis

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

4 Réponses à “Les pauvres américains”

  1. J’ai mis ton billet dans mes favoris. Beau travail; j’ai toujours cru moi aussi que de calculer le seuil de pauvreté avec le salaire médian était irresponsable puisque l’augmentation de la richesse collective fera en sorte d’augmenter le nombre de pauvres artificiellement alors qu’ils ne sont pas nécessairement plus pauvres qu’avant.

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  2. Merci Guillaume. En fait on pourrait même dire que plus le salaire médian augmente, moins les pauvres sont pauvres en réalité. Ce qui prouve qu’une politique de libre-marché est le meilleur moyen d’enrayer la pauvreté.

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  3. Ou prends-tu ca que le seuil de pauvreté est basé sur la médianne. C’est pas vrai aux USA et pas non plus au Canada. C’est meme dans tes sources du bureau americain du travail.

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  4. @Gilles

    Dans tous les pays développés, quand on parle de seuil de pauvreté, on parle de seuil de pauvreté relative.

    En voici la définition selon Wikipédia:

    Seuil de pauvreté relative
    Cette méthode de calcul tient compte du niveau de vie d’un pays. Le plus souvent, on utilise une fraction du revenu médian : 50 % pour la France, 60 % pour l’Union européenne (Eurostat). Le nombre de personnes sous le seuil est donc davantage une mesure de l’inégale répartition des revenus qu’une véritable mesure de la pauvreté (si le revenu de tous les habitants augmente de 20 %, le seuil augmente lui aussi de 20 %, et le taux de pauvreté reste identique)[2]. Cette mesure peut apporter un éclairage sur la pauvreté ressentie par une partie de la population, en comparaison avec les autres individus.

    Le seuil de pauvreté varie également selon la région et le nombre de personnes dans un famille. Il est utile pour établir une comparaison entre riches et pauvres dans un pays ou une région donnés, mais ne peut se comparer entre deux pays différents avec des économies différentes.

    Va te renseigner par toi-même si tu n’accepte pas cette définition. De toute façon, mon argument est que ce n’est pas une mesure valide de pauvreté réelle.

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