Les « lucides » ont tort!… Ou presque.
Dans leur manifeste « Pour un Québec lucide », Lucien Bouchard et ses collègues font le constat de l’écart de productivité du Québec par rapport au restant de l’Amérique du Nord et en concluent que les Québécois ne travaillent pas assez. Ils se trompent de cible. Cette étude de CIRANO dément leur conclusion. Selon l’étude, le phénomène de l’écart de productivité n’est pas un problème québécois, c’est un problème canadien. C’est le Canada tout entier qui accuse un retard de productivité par rapport aux États-Unis et ce retard est dû à la productivité du capital et non à la productivité du travail. Comme le témoigne ces deux graphiques tirés de l’étude:
Si ces nouvelles peuvent faire plaisir à mes amis de la gauche, les conclusions du rapport n’auront pas du tout le don de les réjouir:
Ce résultat, même s’il peut sembler rassurant, ne doit pas occulter le fait que la productivité du secteur manufacturier canadien est nettement inférieure à la productivité du secteur manufacturier américain. Ce retard est observable depuis le début des années quatre-vingt et il s’accentue année après année. Il est également important de souligner que durant cette période, le niveau de vie des canadiens s’est considérablement dégradé relativement à celui des américains.
Plusieurs causes peuvent être invoquées pour expliquer ce déclin relatif. Le début des années quatre-vingt, avec l’élection du Président Reagan aux États-Unis, marque le début d’une période de désengagement de l’état, de réforme et d’allègements fiscaux et de dérèglementaion économique. Au même moment au Canada, les gouvernements provinciaux et fédéral empruntainet le chemin en sens inverse: omniprésence et intervention de l’état, fiscalité agressive et alourdissment du fardeau règlementaire. Nous sommes aujourd’hui en mesure de contempler les résultats des ces choix en matière de politiques économiques sur le niveau de vie des canadiens et en particulier celui des québécois.
Certains opposeront à cette thèse le fait que la richesse est mieux répartie au Canada, en laissant entendre que le déclin de notre richesse relative est le prix à payer pour une meilleure répartition de celle-ci. Pourtant, rien ne permet de supposer que les notions d’efficacité (productivité) et d’équité (redistribution) soient en opposition. Les gouvernements du Canada, incluant celui du Québec, se doivent de promouvoir l’efficacité et pour cela il peuvent s’inspirer des expériences ailleurs dans le monde (…) tout en assurant une répartition équitable (ce qui ne veut pas dire égale) de la richesse grâce à une fiscalité qui se veut le plus neutre possible en terme de distorsion sur les prix et les salaires. Toutefois, à ce jour, bien peu de gouvernements au Canada semblent enclins à emprunter cette voie et surtout pas le Québec.
Sauf peut-être l’Alberta…
Est-ce possible que le néolibéralisme ait ses bons cotés?…















Je ne m'attend pas à ce que le Québec commence à analyser l'économie avec un regard du 21e siècle. Qu'on se le tienne pour dit, la taxation progressive extrêmement lourde au Québec décourage carrément l'entrepreneuriat et peut potentiellement causer l'exode de personnes qui ont la bosse des affaires. Mais bon, comme le disait Richard Martineau, la majorité des Québécois n'ont même pas les connaissances de base en économie.
J'ai moi-même écrit un texte sur le mépris (subtil) de la majorité des Québécois pour l'argent et l'enrichissement.
Je ne crois pas que bien des gens réalisent comment les gouvernements successifs du Canada et du Québec ont penché vers la gauche, comparativement avec les É-U. Même l'ADQ et le Parti Conservateur sont probablement plus à gauche que les Démocrates aux É-U.
Les gauchistes ont beau affirmer que le néolibéralisme a dominé nos gouvernements provinciaux et fédéral, mais si c'était le cas, nous aurions déjà une fiscalité beaucoup moins oppressive. La preuve est dans les chiffres.