In Memoriam: La bataille de la crête de Vimy (9 au 12 avril, 1917)
Cette semaine, c’étail le 90e anniversaire d’un des points tournants dans l’histoire du Canada: la bataille de la crête de Vimy. Mettons de côté la disgracieuse traduction des plaques du monument et prenons un moment pour se remémorer l’évènement qui a sorti le Canada de l’ombre de la Grande Bretagne.
Contexte historique
La crête de Vimy qui domine la plaine de Douai, était sous le contrôle des allemands depuis 1914, qui en ont fait une véritable forteresse de tranchées, de nids de mitrailleuses betonnés, et d’artillerie. À plusieures reprises, les armées britannique et française ont tenté de reprendre la crête sans aucun succès, au coût de près de 190 000 hommes. Les réseaux de tranchées, en raison de la technologie de l’époque étaient imprenables. L’espace entre les deux lignes de tranchées, le « no-man’s land » était un espace truffé de barbelés et de mines, où les hommes étaient fauchés comme du blé par les mitrailleuses. En avril 1917, une offensive majeure fût planifiée dans le but de percer les lignes allemandes au nord et au sud de la crête de Vimy. L’état-major brittanique confia à la jeune armée canadienne la tâche peu enviable de prendre la crête d’assaut. Les quatres divisions de l’armée canadienne, commandée par le Lieutenant-général Sir Julian Byng, accomplirent l’impossible.
Les préparations
Byng ne laissa rien au hasard. Il n’était pas sur le point d’envoyer ses hommes à l’abattoir sur le no man’s land. Chaque unité canadienne a reçu des cartes et photos aériennes de leurs objectifs, leur montrant exactement à quoi ils devaient s’attendre. Ces unités ont fait des simulations derrière les lignes pour entraîner leurs troupes. Les ingénieurs canadiens ont bâti un énorme réseau de routes et de chemins de fer pour amener tout le matériel nécessaire au front (40 km de routes, 30 km de chemins de fer, 70 km de conduites d’eau et plus de 150 km de fils téléphoniques). Ils ont aussi construit tout un réseau de tunnels pour amener les troupes dans le no man’s land à l’abri de l’artillerie ennemie.
Plusieures innovations en artillerie ont aussi été utilisées. Le Lt. Col. Andy McNaughton, commandant de l’artillerie canadienne a utilisé la fine pointe de la technologie de l’époque en contre-batterie pour repérer et cibler les batteries ennemies. Il a aussi fait usage d’une autre nouvelle technique: le barrage avançant (« walking barrage »), qui consistait à constamment ajuster le tir pour litérallement faire avancer le barrage sur le champs de bataille. En faisant avancer leurs troupes derrière le barrage, ils pouvaient surprendre l’ennemi alors qu’ils sortaient de leur abris. Le 2 avril, les artilleries canadiennes et brittaniques ouvrirent le feu sur les positions allemandes et continuèrent de les pilonner pendant une semaine, detruisant 80% de l’artillerie allemande sur la crête. L’aviation mitrailla aussi les convois de ravitaillement ennemis derrière leurs lignes pour les harceler.
La bataille
À 5h30 le matin du 9 avril 1917, lundi de Pâques, l’artillerie et les mitrailleuses ouvrent le feu sur les positions allemandes, l’infanterie canadienne émergea des tunnels et approcha les lignes juste derrière les barrages d’artillerie. Dans la neige et le grésil, ils se faufilèrent entre les barbelés et les cratères pour se lancer contre les tranchées ennemies, délogeant les allemands avec leurs grenades et leurs baïonnettes. Après trois jours de combats, souvent corps à corps, les canadiens contrôlaient toute la crête. Ils avaient réussi là où tous les autres avant eux ont échoué.
Les pertes canadiennes furent lourdes: 3600 tués ou disparus, 7000 blessés, mais dans une guerre où les pertes s’échelonnaient dans les centaines de milliers, elles ne parurent pas si importantes. Malheureusement, malgré la victoire des canadiens, l’offensive alliée fût un échec. Par contre, les allemands ne purent jamais reprendre la crête. La victoire canadienne de la crête de Vimy fût acclamée autant par la Grande-Bretagne que par la France. Les soldats canadiens furent reconnus comme des combattants tenaces et courageux et le Canada y a gagné sa place comme nation à part entière.












